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joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 11:14



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A voté

"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
mes recherches : TAMISSIER(55-23) - LAJOUX(55) - PERSIN(55)-(52)- CHAUVIN (23) - LAURENT (52)
PIEDNOIR(53)- TORTRAT(45-18) - JOUBARD(56) - STOPHE(75-77-78 et suisse ) - GRANDIERE(53-75)-DUCLOS (56) - GIQUEL (56) - LAGROUAIS (56)
SAVARD (45 et 18)- RAIZE (77 - suisse) Joliat (suisse)
Joële.F2
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 11:42


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Merci Joelle pour tous mes maréchaux. Dans l'Ain, j'en avais toute une série!!
Les infos sont comme d'habitude passionnantes et superbement illustrées.
J'espère que vous avez toutes et tous passé un excellent week end.
Il pleut aujourd'hui...
Bien amicalement, à plus
Joële
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 11:47



Inscrit le: 10/04/2003
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Bonjour Suzanne
le métier de cartonnier ou cartonière à été étudié par Béné en page 31
Tu peux y jeter un coup d'oeil


Khalida Merci pour cette belle histoire de marechal ferrant

A+

"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
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joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 16:03



Inscrit le: 10/04/2003
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Puddlage


Coupes d'un four à puddler

Le puddlage est un ancien procédé d'affinage de la fonte consistant à la décarburer (brasser) dans un four à l'aide de scories oxydantes pour obtenir du fer puddlé, plus souple que de la fonte.

Ce procédé est mis au point par l'Anglais Henry Cort en 1784. La fonte est affinée à très haute température dans un four spécifique. Le puddleur, l'ouvrier chargé de l'opération, est alors chargé de brasser (puddling) cette fonte en fusion à l'aide d'un long crochet appelé ringard. Le matériau peut ensuite être martelé, laminé ou forgé.

Les arches de la gare de l'Est et la tour Eiffel à Paris sont ainsi réalisées en fer puddlé
.






Description

La méthode est inventée presque simultanément par Peter Onions (brevet le 7 mai 1783) et Henry Cort (brevet 13 février 1784). C'est un tournant dans l'histoire industrielle. Les quantités d'acier produit augmentent rapidement. Son utilisation commence à se généraliser.

Le mot puddlage vient du verbe anglais to puddle qui signifie brasser.

La méthode consiste à placer de la fonte en morceau avec des scories d'oxyde de fer sur un feu de coke. Ce mélange est ensuite placé dans un four à réverbère avec des scories afin de provoquer une fusion (le métal est semble-t-il travaillé dans un état pâteux). Il est vigoureusement brassé par un ouvrier à l'aide d'un ringard à crochet. Le carbone s'oxyde et les scories entraînent les impuretés. La masse de fer avec les scories est ensuite cinglée. L'invention du puddlage entraîne une forte augmentation de la production.

D'après Grüner, il existe deux variantes : le puddlage gras, chaud ou bouillant (dit en anglais boilling process) et le puddlage ordinaire sec ou froid plus ancien. Cette classification est basée sur la manière d'exécuter le puddlage. Cette classification est reprise par Jacques Corbion[17] dans son dictionnaire :

Puddlage sec ou froid (dry puddling en anglais) effectué sur sole en sable (qui correspond donc à la méthode primitive)
Puddlage gras ou bouillant ou en crasse : effectué sur sole de fonte.

Le travail du puddler

Le résultat est basé sur le travail de l'ouvrier puddler qui travaillait dans des conditions difficiles. Ainsi Grüner écrit à propos du puddlage sec :



« ?Quelle que soit la fluidité de la masse, le travail de l'ouvrier consiste pendant cette deuxième période à labourer la fonte et les scories à l'aide d'un fort ringard, recourbé à angle droit à son extrémité; c'est l'outil appelé crochet. on mêle ainsi les particules métalliques aux éléments oxydés et les expose tous deux à l'influence de l'air. Pour opérer le brassage, on n'ouvre pas la porte de travail elle-même. L'ouvrier éprouverait une chaleur trop vive, et le four lui-même serait refroidi. on se contente d'introduire les outils par une simple ouverture de 0m,10 à 0m,15 de coté, pratiquée dans le bas de la porte mobile, et facile à clore à l'aide d'une simple plaque en dehors des moments où l'ouvrier travaille la charge?



À mesure que le fer s'épure, il devient moins fusible (*); il faut donc, pour continuer le brassage, graduellement relever la température, en rouvrant le peu à peu le clapet de la cheminée.

À la place du crochet, l'ouvrier se sert assez souvent d'un ringard à biseau, appelé palette, ou rabot, qui permet de détacher de la sole les parties refroidies, ou devenues fermes, qui tendent à y adhérer.

C'est la fin du brassage proprement dit, qui dure en moyenne de vingt à trente minutes lors du puddlage sec. »

(*) Le taux de carbone du mélange diminuant, la température restant constante dans le four, la température de fusion étant du type eutectique, la température de fusion du mélange augmente (voir le diagramme de phase fer-carbone dans l'article acier) provoquant une augmentation de la viscosité.

Jules Verne dans Les Cinq Cents Millions de la Bégum' en fera également une description plus littéraire mais néanmoins précise (on notera au passage sa très bonne définition de l'acier basée sur la présence du carbone) :

« L'opération du " puddlage " a pour but d'effectuer cette métamorphose. Des équipes de cyclopes demi-nus, armés d' un long crochet de fer, s' y livraient avec activité.

Les lingots de fonte, jetés dans un four doublé d'un revêtement de scories, y étaient d'abord portés à une température élevée. Pour obtenir du fer, on aurait commencé à brasser cette fonte aussitôt qu'elle serait devenue pâteuse. Pour obtenir de l'acier, ce carbure de fer, si voisin et pourtant si distinct par ses propriétés de son congénère, on attendait que la fonte fût fluide et l'on avait soin de maintenir dans les fours une chaleur plus forte. Le puddleur alors, du bout de son crochet, pétrissait et roulait en tous sens la masse métallique ; il la tournait et retournait au milieu de la flamme ; puis, au moment précis où elle atteignait, par son mélange avec les scories, un certain degré de résistance, il la divisait en quatre boules.»




Les évolutions du procédé
Le four à puddler subit de nombreuses améliorations :

1818 : Baldwin Rogers invente une sole en fonte refroidie à l'air par le dessous.
1825 : cette sole en fonte est recouverte d'un réfractaire basique qui élimine le silicium et permet d'éviter le premier affinage. Il est possible de passer directement du haut-fourneau au four à puddler.
« L'emploi des soles en fonte paraît avoir été proposée par Baldwin Rogers dés 1818, mais elles ne furent réellement adoptées que dix à quinze ans après. Dans les voyages métallurgiques de MM. Dufrénoy, Coste et Perdonnet, on voit (1ière édition) qu'en 1823 l'usage des soles en sable était encore général. Vers 1820 on commence à substituer des scories pilées au sable. En 1829 on commence, on constate çà et là des soles en fonte, mais les auteurs ajoutent qu'en puddlant directement sur la fonte (sans couche de riblons ou de scories), les résultats étaient défectueux. Enfin, en 1837 (2ième édition), les soles en fonte sont d'un usage général.
»[







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Monique .N
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Envoyé le: lundi 28 avril 2008 17:21


Inscrit le: 30/03/2006
Messages: 332
Bonjour,
Pouvez-vous me dire la signification d'appariteur- enquêteur.
Grand merci.
Cordialement.

Monique
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 17:41



Inscrit le: 10/04/2003
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Bonjour Monique
Il faudrait que tu me précise l'époque et le lieu


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joepiednoir
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Envoyé le: lundi 28 avril 2008 18:06



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Béné tu nous manque déjà
bisous

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Monique .N
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Envoyé le: lundi 28 avril 2008 18:28


Inscrit le: 30/03/2006
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Re,

C'était en 1962 et à Limoux (dans l'Aude).
Peut-être la date est-elle trop récente??
A+
Monique
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: lundi 28 avril 2008 19:08



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Non c'est pas trop récent, mais cela me guide pour savoir où chercher
Je te répond deamin, car ce soir j'ai réunion à 20h 30
et il faut que je prépare le diner et moi.
Bisous à tous
Merci de votre collaboration
A demain

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joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 08:18



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Bonjour à tous
journée ensoleillée qui s'annonce
Je reviens après le café


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joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 09:22



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Monique

Ton appariteur m'a donné du fil à retordre car par grand chose/
le dictionnaire nous dit : huissier dans une université, mais à Limoux je crois pas

Autres solution : Fonctionaire municipal "autrefois garde champêtre" chargé de porter à la conaissance du public et autres administrations les courriers et décisions de la mairie.
Prépare la salle du conseil municipal pour les séances
et participe ou effectue des enquêtes administratives telles que les recensements.

Voilà c'est pas terrible, mais cela devrait suffire.

Bisous A+

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khalida.137
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 09:40



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Thumb Up Bonjour à tous,
Toujours pas de beau tempsAngry . J'espère pouvoir faire tout ce que j'ai à faire dans mon jardin 8) avant de reprendre lundiSmile .
bravo je pense inaugurer la 45ème pagetrefle .
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mardi 29 avril 2008 09:53



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LISTE DES METIERS DEJA ETUDIES
PAGE 15


"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
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Benedicte.V5
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mardi 29 avril 2008 09:57



Inscrit le: 11/02/2006
Messages: 4 963

Juste un petitHiding en passant....dois continuer la visite guidée....

Beau travail Joelle, je vois que tu as trouvé de l'aide..

:bisou: :bisou: à tous.

khalida.137
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mardi 29 avril 2008 10:08



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Messages: 1 569
fou fou fou fou
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mardi 29 avril 2008 13:38



Inscrit le: 10/04/2003
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Problème pour "Maitre Menuisier et Tailleur de Pierre"
tous les sites sont bouclés par moyen d'avoir des infos.
Je continue de chercher mais c'est épuisant
A+

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khalida.137
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 14:10



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Thumb Up bonjour à la filetrefle ,
pour reposer joelepiednoir qui est épuisé clinoeil
Voici ce que j'ai pu trouver pour vous aider un peu.
Désolé mais je ne sais pas encore vous transmettre les photos.
le texte est là quand mêmeRazz

LES MAÇONS ET LES TAILLEURS DE PIERRE
(Extrait de Les métiers et leur histoire, paru en 1908)


Armoiries des maçons

Bien que, de tout temps , l'on ait beaucoup construit en France, l'histoire ne nous apprend pas grand chose des bons travailleurs qui ont édifié nos palais, nos cathédrales ou nos hôtels de ville. Au Moyen Age, la même corporation comprenait les maçons, les tailleurs de pierre, les plâtriers et les morteliers ; les uns et les autres étaient sous la surveillance du maître maçon qui dirigeait la construction du roi.

En ce temps-là, les mots maçon et tailleur de pierre avaient un sens plus tendu que de nos jours ; le terme de maçon désignait fréquemment l'architecte, et le tailleur de pierre était souvent un sculpteur, parfois aussi un entrepreneur.


C'est ainsi qu'on voit en 1287 maître Étienne de Bonneuil, tailleur de pierre, passer un contrat avec dix ouvriers pour les emmener avec lui construire la cathédrale d'Upsal en Suède. Il y avait alors souvent d'amusants usages sur les chantiers de construction.
Maçons, tailleurs de pierre, etc. Cathédrale de Chartres.


Un échafaudage
au début du
XXe siècle

D'après un curieux récit de l'édification d'un des grands collèges parisiens au XIVe siècle, le collège de Beauvais, les maçons réclamèrent le jour de carême, comme dédommagement d'un travail ininterrompu depuis plusieurs mois, une « courtoisie, à savoir la chair d'un mouton à manger ensemble » . Le jour de l'Ascension, on fit mieux encore ; on réunit dans un grand banquet tout le chantier, maîtres, compagnons et apprentis ; on y convia les parents avec leurs enfants : les boursiers du collège y assistaient également, et enfin le directeur de l'entreprise, le grand architecte, Raymon du Temple, vint honorer le banquet de sa présence, « avec sa femme et plusieurs autres personnes ».

Sans avoir aujourd'hui une signification aussi étendue qu'au Moyen Age, le mot maçon désigne encore pour ceux qui ne sont pas du métier un grand nombre de travailleurs différents. on compte parmi eux jusqu'à vingt catégories distinctes, parmi lesquelles on remarque de préférence les limonsinans, qui construisent les murs en moellons ou en meulières, les briqueteurs, qui font les cheminées, les cimentiers, qui n'emploient que le béton ; les maçons proprement dits ne travaillent que le pâtre, les uns ne font que les moulures, les autres préparent les plafonds, etc. De même chez les tailleurs de pierre, chacun a sa spécialité.

En apparence, ce métier ne s'est pas beaucoup modifié ; et cependant, là encore, plus d'un changement s'est produit, grâce à l'introduction de machines ou grâce à des pratiques nouvelles.


on ne voit plus que rarement de nos jours, comme autrefois, des ouvriers placés le long d'une échelle, le dos tourné aux échelons, se passer les briques les uns aux autres depuis le bas jusqu'en haut de la construction ; ce sont aujourd'hui des treuils qui hissent tous les matériaux, qu'on peut entasser en plus grande quantité sur des échafaudages plus solidement construits.

O n apporte maintenant à l'édifice en construction les pierres de taille toutes prêtes à être posées à leur place sans hésitations : aussi ne voit-on plus ces chantiers qui empiétaient sur la rue et gênaient la circulation ; nos oreilles ne sont plus torturées par le grincement de la scie des tailleurs de pierre. Le résultat, c'est que l'on construit de notre temps beaucoup plus vite qu'autrefois, et qu'il ne faut plus, pour élever le gros oeuvre des formidables maisons parisiennes, que quelques mois au lieu de quelques années.

Construction d'une cathédrale au XVe siècle


"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
khalida.137
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 14:28



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à tout à l'heure, pas de soleil mais cette AM sortie à la piscineMr. Green.
J'espère avoir donné de bonnes infos Book pour le métier de tailleur de pierre.
Aidez moi à mettre des photos car je ne sais pas le faire.carton
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 14:29



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armoiries des maçons



maçons et tailleurs de pierres


échafaudage


construction d'une cathédrale au xve siècle

Voilà tes images Kalida

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joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 14:46



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VOICI CE QUE JE VIENS DE TROUVER SUR LE COMPAGNONNAGE DES TAILLEURS DE PIERRE

LE LIEN AVEC LA FRANC MACONNERIE EXPLIQUE LES SITES "VEROUILLES"

Les Compagnons tailleurs de pierre
en France et en Europe

Ce texte est extrait d'une conférence prononcée en mai 1999. Destiné à un public composé de plusieurs nationalités européennes et mêlant profanes et amateurs d'histoire, il m'a semblé fournir une bonne introduction générale au sujet traité ici.



Il est une question que l'on se pose quelquefois devant tous ces monuments que nous avons hérités des siècles passés : qui étaient leurs bâtisseurs ? Je n'entends pas parler ici des commanditaires ? rois, princes et puissants ? mais des artisans qui les ont édifiés.

Si les archives nous apprennent quelquefois le montant de leurs salaires et, plus rarement, leurs noms, elles sont généralement muettes en ce qui concerne leur vie, leur personnalité, leur organisation. Trop souvent, les historiens contemporains en sont réduits à faire de simples suppositions pour ce qui est de leur formation professionnelle, de l'étendue exacte de leurs connaissances, tant sur le plan technologique que sur le plan culturel en général. Même si nous n'en sommes plus aujourd'hui à considérer le Moyen Âge comme une époque obscure et barbare, l'on se complaît encore trop à imaginer la culture comme étant alors réservée à une élite de moines et de nobles. L'absurdité de cette conception devient évidente si on la confronte aux extraordinaires réalisations que sont, par exemple, les cathédrales gothiques. Comment imaginer un seul instant qu'il s'agit là du résultat du travail d'artisans incultes ? Pendant longtemps, l'on a cru résoudre ce problème en transposant sur ces époques le modèle qui est le nôtre aujourd'hui : la conception et la direction de ces chantiers auraient été le fait de quelques individus éclairés, issus du clergé ou de la noblesse, et leur réalisation celui d'une main-d'?uvre plus ou moins qualifiée mais inculte, un peu comme nos émigrés. Mais cette hypothèse ne résiste pas à l'examen des rares documents qui subsistent : les architectes de ces époques sont généralement des tailleurs de pierre ou des charpentiers ; leur salaire est souvent à peine supérieur à celui des autres ouvriers qualifiés.

En fait, à défaut de posséder suffisamment de documents pour éclaircir cette question durant le Moyen Âge, il existe, pour les époques un peu plus récentes, un moyen de mieux comprendre le sujet. Je veux parler ici de l'étude des compagnonnages, un type d'organisation du métier qui existe aussi bien en France que dans tous les territoires de l'ancien Saint Empire Romain Germanique, et dont on a également trace dans d'autres pays d'Europe, notamment dans les Îles Britanniques.

Le sujet étant très vaste et, surtout, très complexe, je me limiterai ici à vous donner quelques aperçus sur les compagnonnages de tailleurs de pierre.



Il n'est pas inutile de commencer par définir grosso modo ce qu'est un compagnonnage, même s'il apparaît que cette définition est en réalité difficile et susceptible de nombreuses variantes. J'en resterai donc à un plan très général, qui soit valable aussi bien pour les tailleurs de pierre que pour les autres métiers, aussi bien pour la France que pour le reste de l'Europe.

Les Compagnons se distinguent des autres artisans pour trois raisons principales :

? ce sont le plus souvent des professionnels hors pair, d'une compétence nettement au-dessus de la moyenne.

? cette compétence, ils l'acquièrent durant les années qu'ils passent à voyager de maître à maître, de ville en ville, voire de pays en pays. D'ailleurs, pour la France, ils sont connus sous l'appellation générale de « Compagnons du Tour de France »; en Allemagne, les « Zimmermann », les Compagnons charpentiers, se doivent d'aller le plus loin possible et aussi de séjourner à Jérusalem.

? enfin, et ce n'est pas là le moindre de leur prestige, ils possèdent des coutumes très particulières, notamment des rites initiatiques secrets qui tissent entre eux des liens fraternels. Ils possèdent un sens de la solidarité qui est sans commune mesure avec celui que d'autres contextes prêchent également, notamment les religions. Ces rites et ces coutumes se concrétisent également par l'adoption de signes de reconnaissances, de costumes particuliers ? par exemple la célèbre tenue de velours noir et le grand chapeau des Compagnons charpentiers de Hambourg ? et de divers symboles, le plus connu de tous étant l'équerre et le compas entrecroisés ? symbole qui est également celui de la Franc-maçonnerie.



Venons-en maintenant à décrire ces compagnonnages de tailleurs de pierre. Je vous parlerai tout d'abord des compagnonnages français, avant d'aborder plus brièvement ceux des autres pays d'Europe.


SALOMON
Détail d'une lithographie compagnonnique du XIXe siècle.

Jusqu'à ces dernières années, ce que l'on savait des Compagnons tailleurs de pierre français se limitait presque exclusivement au fait qu'ils étaient considérés par les autres corps compagnonniques comme étant les plus anciens, les fondateurs, ceux qui se seraient constitués en compagnonnage sous le règne de Salomon, lors de la construction du premier temple de Jérusalem. S'il était difficile, faute de preuves documentaires, d'accorder un crédit scientifique à une telle légende, l'on acceptait néanmoins, sans davantage de preuves, qu'ils étaient les descendants directs des fameux bâtisseurs des cathédrales gothiques. En fait, les plus anciennes archives attestant de l'existence de compagnonnages de tailleurs de pierre ne dataient que du tout début du XVIIe siècle ? de manière plus générale, aucun compagnonnage de quelque métier que ce soit n'est attesté en France, de manière absolument certaine, avant le milieu du XVIe siècle. Qui plus est, ces archives ne concernaient que des aspects secondaires, notamment les litiges ou les rixes qui les opposaient entre eux ou aux autorités civiles et religieuses. Presque rien ne nous était connu de leur organisation interne, si ce n'est le fait que, dans le cas particulier des Compagnons tailleurs de pierre, ils étaient divisés en deux rites hostiles : celui des Compagnons « Passants »du Devoir et celui des Compagnons « Étrangers ».

Cette situation agaçante pour les historiens a brutalement évolué lorsque, il y a tout juste trois ans, nous avons eu le bonheur de découvrir un volumineux ensemble d'archives provenant directement des Compagnons Passants tailleurs de pierre d'Avignon, archives datant des XVIIIe et XIXe siècles. C'était la toute première fois que de semblables documents étaient accessibles aux chercheurs. En effet, quelques autres sont toujours conservés par les actuels Compagnons Passants tailleurs de pierre.

Parmi les documents d'Avignon figuraient notamment plusieurs « Rôles » ? ce terme désigne tout à la fois l'emblème sacré de la société compagnonnique, son règlement intérieur et le recensement de tous les passages de Compagnons dans une ville. En l'occurrence, pour Avignon, nous avions deux textes de règlement séparés par une dizaine d'années, ce qui nous a permis de mesurer leur stabilité malgré quelques évolutions, et presque un millier de noms de Compagnons, pour une période continue allant de 1773 à 1869.



RÔLE D'AVIGNON DE 1782




Ce que nous ont appris ces archives s'est révélé en quelques semaines particulièrement révolutionnaire : nous nous sommes rendus compte que presque tout ce qui avait été dit au sujet des Compagnons tailleurs de pierre dans les livres généraux sur le compagnonnage était soit purement et simplement faux, soit très fautif ? parce que déduit de ce que l'on savait ou croyait savoir d'autres métiers. Ainsi, pour vous donner un exemple très significatif, il apparaissait que, contrairement aux idées reçues, les tailleurs de pierre du XVIIIe siècle devenaient Compagnons sans faire auparavant de chef-d'oeuvre, ni de tour de France. C'est parce qu'ils acceptaient de devenir membres de la fraternité compagnonnique qu'il leur était possible, s'ils avaient besoin de voyager en France, de bénéficier de l'assistance des autres Compagnons, au gré des villes où ceux-ci possédaient des sièges. En fait, les critères d'admission dans le « Devoir » ? puisque tel est le nom que les Compagnons français donnent eux-mêmes à leur organisation ? étaient avant tout d'ordre moral et religieux ? ce devait être des catholiques n'ayant jamais subi de condamnation pénale et menant une vie honnête ? et, presque accessoirement, professionnels ? on leur demandait non pas d'être des tailleurs de pierre exceptionnels mais, plus simplement, d'être capables de vivre de leur métier et de ne pas faire déshonneur au prestige du compagnonnage. Contrairement à d'autres métiers, qui pratiquèrent cet usage peut-être seulement après la Révolution de 1789, ils ne faisaient donc pas de ces magnifiques chefs-d'oeuvre dont on peut admirer quelques-uns au Musée du Compagnonnage, à Tours.

Leur organisation interne, qui serait trop longue à détailler ce soir, était centrée sur la solidarité et le respect mutuel. Leur devise résume parfaitement bien leur idéal :

TRAVAIL ET HONNEUR

Les Compagnons qui arrivaient dans une ville où résidaient d'autres Compagnons étaient pris en charge ; on leur procurait immédiatement de quoi boire et manger et l'on se mettait en quête de travail pour eux. Si la situation économique ne permettait pas de leur trouver de l'ouvrage, on leur procurait de quoi subsister jusqu'à la prochaine ville où la société possédait un siège. Chacun, tout à tour, devait prendre sur son temps de travail pour s'occuper des charges inhérentes à cette assistance fraternelle. Tous les premiers dimanches du mois, l'ensemble des Compagnons de la ville et de sa région se réunissait au siège de la société, généralement une auberge, pour discuter des affaires en cours, régler les cotisations, recevoir les nouveaux membres, et, de manière générale, assurer le bon fonctionnement de la société.

La lecture des courriers échangés entre les sièges des diverses villes où ils étaient implantés permet de voir que la majorité d'entre eux possédait une culture qui était non seulement au-dessus de la moyenne générale mais aussi nettement au-dessus de celle de nombreux intellectuels. Ainsi, en 1841, à l'occasion d'une concertation au sujet de la nécessité de faire évoluer leurs règlements en fonction des acquis de la Révolution de 1789, ils portent sur la société et le progrès un regard qui anticipe nettement sur le Manifeste du parti communiste que Karl Marx publiera seulement sept ans plus tard? D'ailleurs, si l'analyse qu'ils font des mécanismes de la société possède des accents marxistes, l'on doit noter qu'ils transcendent cette analyse pour atteindre à une forme de sagesse que, aujourd'hui encore, on peut leur envier.

Un autre exemple de cette culture est lui aussi très significatif : le Compagnon qui a dessiné et rédigé le Rôle d'Avignon de 1782 était manifestement un lecteur habitué de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, dont la publication des 17 volumes ne fut achevée qu'en 1765, monumental ouvrage qui n'était pas à la portée financière de tout un chacun. Il faut dire que ce Compagnon était à cette date le plus gros entrepreneur de bâtiment de tout le sud-est de la France. Cela ne l'empêchait pas de continuer à fréquenter assidûment ses frères les tailleurs de pierre.



Pour ce qui concerne l'origine des compagnonnages, ces archives ne nous ont malheureusement pas appris grand-chose, du moins directement. Mais, de par tous les éléments précis qui nous sont enfin connus, il est désormais possible d'élaborer des hypothèses sérieuses que, petit à petit, la découverte d'autres documents viendra confirmer, corriger, et peut-être quelquefois infirmer.

S'il n'est pas à exclure que les légendes racontant une fondation aux temps bibliques possèdent une part de vérité, il est aujourd'hui à peu près certain que le développement des premiers compagnonnages est une conséquence directe des Croisades et de l'élan constructeur du XIIIe siècle, de cette époque que l'on a justement baptisée le temps des cathédrales. En effet, les croisades furent également l'occasion de fructueux échanges avec le monde musulman, qui était à l'époque bien plus en avance, à tous points de vue, que le monde chrétien, notamment en ce qui concerne les sciences et la technologie, tout particulièrement la géométrie sans laquelle la construction des cathédrales aurait été impossible. Par ailleurs, les Croisades amenèrent un important développement de l'architecture, à cause des travaux de fortification. L'on sait que les grands ordres chevaleresques, tout spécialement les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem (l'ordre de Malte aujourd'hui) et ceux de l'Ordre du Temple, entretenaient d'importantes équipes d'ouvriers et il n'est donc pas à exclure qu'ils aient tenté de les structurer de la même manière qu'ils l'étaient eux-mêmes. Certains usages et rites compagnonniques prêchent en faveur de cette idée.

De retour dans les royaumes et empires chrétiens, ces organisations d'ouvriers perdurèrent, d'autant que la construction des cathédrales nécessitait une main d'oeuvre nombreuse, qualifiée et disciplinée. Si les archives n'ont à l'heure actuelle livré aucune preuve de l'existence formelle, pour la France, de semblables compagnonnages ? ce n'est pas le cas pour l'Allemagne ? c'est peut-être tout simplement à cause du fait que ce mode d'organisation semblait tellement naturel qu'il échappa à l'attention des chroniqueurs.

Cette hypothèse peut trouver un début de confirmation dans le fait que l'émergence des compagnonnages dans les archives se situe précisément dans le cadre des crises que traversa la société au XVIe siècle avec, d'une part, l'irruption de la Réforme ? qui provoquera durant plus d'un siècle une chasse aux sorcières aussi bien chez les catholiques que chez les Protestants ? et, d'autre part, la naissance du capitalisme moderne ? qui introduira des clivages entre maîtres et ouvriers, lesquels vivaient jusqu'alors dans une entente familiale. Les premiers compagnonnages nous sont en effet connus au travers des grèves qu'ils provoquèrent ainsi qu'au travers de procès en ce qui concerne leur orthodoxie religieuse ? catholiques et protestants s'entendant d'ailleurs pour considérer les rites initiatiques des Compagnons comme hérétiques.

C'est le moment de dire quelques mots sur ces rites. L'admission dans le Devoir est sanctionnée par une cérémonie appelée la Réception. Celle-ci, d'après le peu que nous pouvons en savoir, car elle reste aujourd'hui encore très secrète, se décompose en deux parties : d'une part la prestation d'un serment de fidélité au Devoir et à ses règles, notamment la solidarité entre Compagnons ; d'autre part la mise en scène d'une sorte de pièce de théâtre dans laquelle le nouveau membre occupe la place centrale. Si cette représentation varie beaucoup d'un métier à un autre, la trame est généralement identique : à l'origine de la société, il y a souvent un fondateur qui a été assassiné et qui, en quelque sorte, connaît comme une résurrection, une réincarnation dans le nouveau membre. Dans le même temps, ce dernier est souvent assimilé à l'assassin du fondateur, ce qui peut sembler paradoxal. Quoi qu'il en soit, ce rite de réception est un rite de mort et de résurrection. C'est pourquoi il se termine par un baptême, l'initié recevant un nouveau nom puisqu'il est né une seconde fois. Chez les Compagnons tailleurs de pierre, qu'ils soient du rite des Passants ou de celui des Étrangers, ce nom est formé par celui d'une vertu suivi de celui de la ville dont il est originaire. L'on a ainsi : la Prudence d'Avignon, la Fidélité de Lyon, Joli C?ur de Bordeaux, la Sagesse de Paris, etc.

Le millier de noms de Compagnons que nous avons retrouvés dans les archives avignonnaises nous a ainsi permis de reconstituer une carte des origines géographiques des tailleurs de pierre, ainsi qu'une hiérarchie de leurs vertus préférées.



Pour ce qui est de la géographie, il apparaît de la sorte que leur implantation n'est absolument pas homogène. Même s'ils ont un siège très important à Paris, presqu'aucun Compagnon tailleur de pierre n'est originaire de cette ville. En fait, ce compagnonnage, comme plusieurs autres, s'est développé presque exclusivement au sud de la Loire, dans les anciens territoires de langue occitane. on peut aussi noter que c'est un phénomène nettement centré sur les grands centres urbains. L'explication de cela est d'ailleurs très simple : les tailleurs de pierre sont moins attachés aux lieux d'où provient la matière première qu'ils emploient, qu'aux grandes villes où se construisent des monuments.

Cette analyse géographique nous a également amenés à entrevoir un point important qui avait échappé à nos prédécesseurs : l'implantation de l'autre rite de Compagnons tailleurs de pierre, les Étrangers, n'est pas exactement la même que celle des Passants. Les premiers semblent s'être spécialisés dans le travail des pierres dures, tandis que les seconds ne travaillent que les pierres tendres. Par ailleurs, les Étrangers sont plutôt implantés dans les zones à dominante protestante, alors même qu'ils sont le plus souvent catholiques, et l'on peut noter qu'ils sont plus nombreux dans l'Est, dans des régions qui ont longtemps été sous la domination du Saint Empire Romain Germanique ou qui lui sont frontalières. Si l'on prend en compte d'autres particularités de ces Compagnons « Étrangers », l'on peut alors se demander si leur surnom ne signifie pas tout simplement qu'ils sont d'origine étrangère. Malheureusement, si grâce aux découvertes faites en Avignon, nous connaissons mieux aujourd'hui le rite des Compagnons Passants, celui des Étrangers reste trop mystérieux pour savoir s'ils possèdent un étroit lien de parenté avec les Compagnons tailleurs de pierre germaniques.



Origines géographiques des Compagnons Passants TdP d'Avignon.





Une marque de Compagnon tailleur de pierre sur l'escalier de la Maison de l'?uvre à Strasbourg


"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
mes recherches : TAMISSIER(55-23) - LAJOUX(55) - PERSIN(55)-(52)- CHAUVIN (23) - LAURENT (52)
PIEDNOIR(53)- TORTRAT(45-18) - JOUBARD(56) - STOPHE(75-77-78 et suisse ) - GRANDIERE(53-75)-DUCLOS (56) - GIQUEL (56) - LAGROUAIS (56)
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 16:18



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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 17:15



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Merci pour khalida, Sylvie tu es super sympa
bisous
A+

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Je vous souhaite une bonne soirée à tous
à demain

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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 18:51



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Bravo Joëlle, bel exposé très documenté.
Je dispose de qques doc. sur les Francs-Maçons, si cela t'intéresse: scanner et envoi: 2 ex:





à suivre
Bernard Michel Claude.D
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 18:53



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Suite:





Voilà le travail, si tu es intéressée, tu me dis
Amitiés de Bernard
joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 18:54



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Bonsoir,
Je te remrcie beaucoup, c'est avec plaisir que j'accepte ta doc
Bisous

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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 18:59



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Après l'offre, la demande: c'est la loi du marché
(Je plaisante).
Relevé sur une interprètation d'un acte en latin:
"Vaquilini". Cela peut-il être un métier ?
Comme l'acte était en latin , il pourrait s'agir d'un génitif ce qui donnerait au nominatif:
"Vaquilinus".

J'attends ta ou tes réponses et souhaite une bonne fin de Journée.
Bernard
Bernard Michel Claude.D
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 19:01



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Dis donc aussi rapide que Lucky Luck (?) Okay
joepiednoir
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 19:38



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je suis pas très forte en latin
mais es tu sûr de l'orthographe. En plus les curés de l'époque avaitent la fâcheuse habitude d'écrire un peu comme il parlaient.
J'ai trouvé

v?c?us, a, um : (Lebaigue P. 1315 et P. 1316) - 1 - vide, libre. - 2 - qui manque de, privé de, exempt de, dégagé de, dégarni de. - 3 - libre, sans possesseur, vacant. - 4 - libre (des liens du mariage). - 5 - sans emploi, improductif (en parl. d'un capital). - 6 - vain, vide, stérile, frivole. - 7 - libre de tout souci, paisible, calme, tranquille. - 8 - libre de son temps, inoccupé, oisif, libre. - 9 - loisible, permis.
- vacuos, vacuom, Inscr. : arch. c. vacuus, vacuum.
- expertus vacuum Daedalus aera, Hor. C. 1, 3, 34 : Dédale a tenté le vide aérien.
- vacuus vultus, Sen. Oedip. 1012 : visage sans yeux.
- vacuum esse : être disponible.
- vacua mulier, Tac. : veuve.
- vacuus equus, Liv. : cheval sans cavalier.
- animus vacuus (a) curis : une âme exempte de souci.
- vacuus periculo, Tac. : à l'abri du danger.
- vacuus a tributis, Cic. : exempt d'impôts.
- vacuas aures dare, Plaut. : écouter avec attention.
- si respublica et populus vacua nomina sunt, Tac. H. 1, 30 : si la république et le peuple ne sont que de vains mots.
- vacuum, i, n. : - a - espace vacant, le vide, l'espace. - b - bien vacant. - c - temps (de) libre, loisir.
- aliquid invenire vacui, Quint. 10, 6, 1 : trouver du temps de libre.
- ubi vacuum fuit, Tac. : dès qu'on eut le loisir.
- ut in vacuum pependerit, Suet. : si bien que ses biens vacants furent mis en vente.
- in vacuum venire, Hor. : succéder, remplacer.


Ce qui reviendrait à dire que c'est plutôt un état qu'une profession

Mais je vais me renseigner plus avant, si je peux joindre Béné qui à fait du latin
Cette fois ci je me sauve, j'ai du boulot
Bisous
A+

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Jean-Marc.L30
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Envoyé le: mardi 29 avril 2008 20:48



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Bonsoir la fille.
Merci Joëlle pour cet exposé des puddleur. on peut écrire aussi PADDLER, ce qui est le cas sur un acte d'un de mes ancêtre Lorrain.
Bonne soirée et en espèrant que notre vacancière aura un temps plus clément.etrange
christ.L12
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 05:39



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bonjour,j'ai des métiers

le boyaudier

le cardier

le hongroyeur

le layetier

j'ai les définitions mais qui veut deviner d'abord ??


patronymes sur 57 Rall,Neufint/Tänny/Boltz/Bossert/Theobald/Scheuer/
Kiehl/Geisler/Dumolt/Walter/Stenger/Burgun/Schwoerer/Lehmann
patronymes sur 67 Rall/Woelffel/Muller/Simon/Wattron/Zehner/Fritsch/Lux/Martin/Dumolt/Hilt
patronymes sur le luxembourg Boltz/Kiehl/Bernard/Sosson/Jung/Wagner/Medernach/Hansen
joepiednoir
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 09:17



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Bonjour à tous
Bisous à nos joyeux habitués
Bravo khalida pour cette magnifique photo, c'est vrai que la mer est superbe les jours de tempête.

Bravo ma Sylvie pour tes définitions très justes.

Je ne sais pas si j'aurais le temps de tout voir aujourd'hui, mais tu as bien daébroussaillé le chemin

Vous avez tous bien mérité un bon petit dej



A+


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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 09:54



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PROGRAMME
DU PRIX PROPOSÉ PAR LA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
POUR L'INDUSTRIE NATIONALE, ANNÉE i822.
ARTS CHIMIQUES.
PRIX POUR LE PERFECTIONNEMENT DE L ART
DU BOYAU DIEU.


LES intestins des animaux sont employés soit à faire des cordes à boyaux, soit à faire des enveloppes destinées à conserver des substances alimentaires. Ces dernières sont connues, dans le commerce, sous le nom de boyaux soufflés.

La France en vend beaucoup à l'Espagne et aux colonies portugaises. Cette branche d'industrie peut prendre plus d'extension ; mais l'art de préparer les intestins est encore grossier, il est même nuisible par les émanations putrides auxquelles donnent lieu les macérations que l'on fait subir à ces matières animales.

Pour qu'un intestin soit bien préparé, il faut qu'on ait fait disparaître sa membrane muqueuse interne, et que l'on ait soigneusement desséché le reste. on obtient ce double effet, en lavant l'intestin, en le retournant, en e^faisant macérer jusqu'à ce que la fermentation putride ait détruit le tissu muqueux. on souffle alors le boyau et on l'expose à l'air jusqu'à ce qu'il soit sec.

La macération se fait dans des tonneaux et dans un lieu ordinairement fermé. Rien n'égale l'horrible infection que ces tonneaux répandent au bout de quelques jours , il s'en dégage des gaz délétères qui, dans certaines saisons , peuvent donner aux ouvriers les maladies les plus graves.

on n'a point indiqué encore un moyen propre à remplacer la macération. La Société propose donc pour première question celle-ci : Trouver un procédé chimique ou mécanique pour enlever la membrane muqueuse des intestins traités dans les Soyauderies , sans employer la, macération et en s'opposant à la putréfaction. Décrire la manière de préparer les boyaux par insufflation.



Déjà quelques essais partiels font espérer que l'emploi successif et ménagé des lessives alcalines et des bains acides donneront la solution du problème ; mais il faut opérer en fabrique.

La seconde question que présente la Société est relative aux cordes filées. Il est certain que les cordes à instrumens préparées en France sont généralement inférieures en qualité à celles d'Italie , quoique beaucoup de cordes fa-briquées à Paris passent dans le commerce pour des cordes
de Naples. Il est donc nécessaire de perfectionner les cordes de violons , basses , guitares et harpes , sur-tout les chanterelles. Dans cette fabrication , on doit s'attacher à avoir toujours des cordes égales , souples , élastiques , gardant le plus long-temps possible la même note, et par conséquent peu hygrométriques. La seconde question sera donc : Indiquer les moyens tes plus simples et les plus
économiques de préparer les différentes espèces de cordes à boyaux , sur-tout les cordes destinées aux instrumens de musique. Les produits que l'on présentera à la Société doivent être égaux aux meilleures cordes d'Italie. on désire aussi que parmi les échantillons on présente, cette variété de corde à boyau très-fine , qu'on appelle crin à pécher.

Les auteurs feront connaître les différences que présentent soit pour la facilité de la fabrication, soit dans. la nature des produits , les boyaux pris chez différons animaux , tels que(b?uf , veau, mouton, cheval , chèvre, porc, chien, chat. Ils compareront les intestins des carnivores
à ceux des herbivores.

Les procédés relatifs à la première question , intéressant essentiellement la salubrité publique, seront publiés. Les auteurs pourront se réserver ceux qui sont relatifs aux cordes à instrumens, et prendre un brevet d'invention s'ils le jugent à propos.
Les échantillons envoyés au concours seront examinés
par des chimistes, des physiciens et des musiciens.

Le prix , qui est de la valeur de Le prix , qui est de la valeur de quinze cents francs ?, sera décerné dans la séance générale de juillet i822.
Les fonds de ce prix ont été faits par M. le comte
Angles, ministre d'Etat, préfet de police. '
Nota. Les modèles , mémoires, descriptions , rensei-
gnemens, échantillons, etc. , doivent être remis avant le premier mai de chaque année : ce terme est de rigueur



pOUR LIRE LA SUITE
http://books.google.fr/books?hl=fr&id=ao7LhFgijTwC&dq=BOYAUDIER&printsec=frontcover&source=web&ots=QiX7IJUI5f&sig=u53gg5ImVwV5MQrq31EJknmkfq8#PPA8,M1


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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 10:00



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* CARDIER ou FAISEUR DE CARDES,


(Art méchaniq.) Les Cardiers se servent pour leur ouvrage de la peau de veau, de bouc, ou de chevre bien tannée. Ils prennent cette peau; ils la coupent par morceaux quarrés oblongs de la grandeur dont la carde doit être; ils tendent ces morceaux, qu'ils appellent feuillets, sur une espece de métier appellé le panteur. Le panteur qu'on voit fig. 1. Pl. du Cardier, est composé de deux tringles, ou rames, ou branches de bois ébiselées en - dedans, A A, a a. Les bords des ébiselures sont garnis de deux rangées de clous à crochet; à l'aide desquels on tend les morceaux de peau, comme on le voit. Dans les extrémités des deux tringles ou rames sont reçûs deux bâtons ou cylindres B B, b b, terminés par les bouts d'un côté en tenon rond ou tourillon, & par les bouts de l'autre en vis. Les tourillons sont reçûs dans la tringle A A, & les vis dans la tringle a a. Il y a des cordes fines passées aux bords C C de la peau, & assujetties sur les rames A A, a a. Il est évident que si l'on fait tourner les bâtons B B, b b sur eux - mêmes dans le sens convenable, la rame a a sera forcée de monter, & qu'il viendra un moment où la peau tirée selon sa hauteur par la rame a a, & selon sa largeur par les ficelles C C, sera tendue en tout sens & à discrétion. on appelle cette opération, monter une peau sur le panteur, ou panter.



LA vignette représente la boutique d'un cardier.
Fig. 1. Ouvrier qui pique une peau tendue sur le pan - teur avec la fourchette.
2. Ouvrier qui boute ou fiche les pointes dans la peau tendue sur le panteur & piquée.
3. Ouvrier qui prépare le bois d'une carde.
1, 2, 3, &c. Cardes & instrumens à l'usage du cardier.
Bas de la Planche.
1. Le panteur.
2. Peau piquée.
3. Fourchette.
4. La jauge.
5. n. 1. Tronçons de fil d'archal au sortir de la jauge.
5. n. 2. Le doubleur.
6. n. 1. pointe au sortir de dessus le doubleur.
6. n. 2. Le crocheur.
6. n. 3. La partie du doubleur qu'on appelle la gout - tiere.
7. Peau garnie de pointes vûe en - dessous.
8. Peau garnie de pointes vûe en - dessus.
9. Le fendoir.
10. Le dresseur.

Lorsque la peau est montée, on prend une pierre ponce qu'on passe dessus pour l'égaliser, pour enlever les parties trop dures, lui donner par tout la même épaisseur, & la rendre plus déliée & plus souple, suivant le genre de cardes auquel elle est destinée. S'il s'y trouve des endroits trop minces, on y colle du papier ou du parchemin. Cette seconde opératien s'appelle parer.

Lorsque la peau est parée, on la pique. Piquer une peau, c'est la percer de petits trous placés sur une même ligne droite, tous à la même distance, de maniere que le premier de la seconde ligne se trouve au centre du petit quarré, dont les deux premiers de la premiere ligne, & les deux premiers de la troisieme occupent les angles; que le premier de la quatrieme ligne occupe le centre du petit quarré, dont les deux premiers de la troisieme & de la cinquieme marquent les angles, & ainsi de suite, comme on voit fig. 2. Cette opération se fait avec l'instrument représenté fig. 3. Cet instrument s'appelle une fourchette. Il est garni à sa partie supérieure de deux aiguilles plus ou moins fines, selon les trous qu'on veut faire, & son manche est entaillé. Cette entaille sert à recevoir l'index, tandis que le reste du manche est embrassé par la paume de la main. Il est essentiel que les trous soient bien rangés en ligne droite, à même distance, & dans l'ordre où on les voit: cependant pour le leur donner, les ouvriers ne tracent aucune ligne sur la peau; l'habitude seule les dirige, & ils travaillent avec une vîtesse incroyable. Au reste il ne seroit pas impossible d'imaginer une machine qui leur épargneroit toute cette peine. Il me semble que quand la peau seroit suffisamment tendue sur le panteur, on pourroit l'appuyer en - dessous de matelats, ou de gros draps, ou de chapeaux, & la presser en - dessus d'une surface armée de pointes courtes & roides, & rangées comme on le desire. Rien n'empêcheroit que cette presse ne ressemblât tout - à - fait à celle des Imprimeurs. on dit qu'il y a des ouvriers qui ont des fourchettes à quatre, six, huit pointes: mais que l'usage de ces fourchettes est plus difficile que de celles à deux pointes; & qu'il se trouve de l'inégalité soit dans le diametre, soit dans l'arrangement des trous, ce qui est de conséquence.

Quand on a piqué la peau, il s'agit de la garnir de fils d'archal. Pour cet effet on choisit celui qui a la qua<cb-> lité convenable à la grosseur de la carde qu'on veut faire. Les fils dont on fait les cardes pour les laines fines, sont connus dans le Languedoc sous les noms de fils à 2, à 3, à 4, à 5, à 6, & à 7 plombs, & désignés à Paris par les numeros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7: le numéro 1 est moins gros que le numéro 2, & ainsi de suite. Les gros fils employés aux cardes des marchandises, ou laines, ou fils, ou poils extrèmement grossiers, vont depuis le numéro 30 jusqu'au numéro 40, toûjours augmentant en grosseur.

on commence par couper le fil de fer d'une longueur proportionnée à la carde qu'on veut faire; ce qui s'exécute par le moyen de la jauge. La jauge est un instrument qu'on voit fig. 4. Son corps A est de bois: il est entaillé en B. Cette entaille est revêtue de fer bien dressé. Sa partie supérieure C est couverte d'une plaque bien unie. Il est traversé d'une vis D qui sert de queue à la plaque C. Sur son corps à son extrémité E est fixé un écrou à oreilles, qui ne descend ni ne monte, mais qui se mouvant seulement sur lui - même, fait baisser ou descendre à discrétion la plaque C. on remplit l'entaille B de fils d'archal attachés en paquet, ainsi qu'on le voit dans la figure. on frappe un coup sur la plaque C, afin que les fils s'arrangent entr'eux & s'appliquent bien tous exactement sur la garniture inférieure G. on a une cisaille dont la lame s'applique à la plaque C, qui lui sert de guide; & l'on enleve d'un coup de cette force ou cisaille les tronçons égaux & longs à discrétion, qu'on voit fig. 5. on les coupe ordinairement d'un pouce & demi plus ou moins. Il faut que ces fils soient bien droits, afin qu'ils prennent tous une inflexion égale, & dans le même endroit. on en prépare depuis 50 jusqu'à 100 à la fois, suivant la capacité de la jauge.

Quand les fils sont coupés, on les double. Pour cette opération, on se sert de l'instrument qu'on voit fig. 5. il est appellé doubleur, de sa fonction. Son manche A est de bois. Sa partie supérieure C C est garnie de deux joues de fer. Une piece de fer bien dressée & fixée à vis dans le corps, revêtit l'espace D D D creusé à la partie supérieure. L'espece de gouttiere E E fig. 5. est comprise entre les deux joues C C, de maniere qu'il y ait entre sa face inférieure & la plaque D D D, un espace suffisant pour pouvoir y insérer les tronçons de fil d'archal. La gouttiere E E a sa rainure tournée en - devant. on verra tout à l'heure pourquoi on lui a pratiqué cette rainure, & pourquoi on lui a donné du reste la forme d'un prisme triangulaire. on passe autant de tronçons de fil d'archal entre la gouttiere E E & la plaque D D D qu'on y en peut insérer, comme on y voit le tronçon F L, & l'on ramene la partie F par - dessus la gouttiere jusqu'au fond de la concavité D D; ce qui fait souffrir au fil deux inflexions à la fois, & le réduit à la figure de celui qu'on voit sur le doubleur en G H I K. on a grand soin que le fond de la concavité D D soit bien en ligne droite, & que tous les bouts des tronçons soient bien exactement appliqués sur ce fond. Avec ces précautions, non - seulement les fils souffriront tous deux inflexions, l'une en H & l'autre en I: mais ces inflexions ou angles seront placés précisément aux mêmes endroits & seront très - vifs; ce qui est un effet du taillant de la gouttiere qu'on a fait prismatique, afin que l'extrémité du tronçon pût être ramenée jusqu'en K. on la ramene jusqu'en K, afin que le fil venant à se restituer un peu par son ressort, l'angle I reste droit. Les tronçons au sortir du doubleur, ont la figure qu'on leur voit fig. 6. Les parties a c, b d sont toûjours de même longueur entr'elles: mais & ces parties & la distance a b, sont plus ou moins longues, selon l'espece de cardes auxquelles les fils d'archal sont destinés. Quant aux angles a & b, ils sont toûjours droits. Les tronçons dans cet état s'appellent pointes. [p. 679]

Les pointes sont portées sur la partie qu'elles occupent fig. 6. du plateau A B C D; le plateau A B C D, est une planche quarrée garnie d'un rebord. Au milieu du côté A D, est fixé un liteau E F, par le moyen d'une corde I K, qui passe par - dessus, qui traverse la planche ou le fond du plateau, & qu'on arrête en dessous avec une clavette. on éleve le bout F de ce liteau par le moyen d'une espece de coin G H; le bord de sa surface supérieure est garni d'une plaque de fer L M. Cette plaque est percée de trous; & ces trous pénetrent dans le fond ou corps du liteau à une profondeur déterminée. Ce liteau fait exactement la fonction d'un second doubleur; on prend les pointes a b c d; on les plante dans les trous du crocheux ou croqueux; car c'est ainsi qu'on appelle cet instrument. on en voit une en O, puis on abaisse la partie O de la pointe en - devant sur la plaque L M du croqueux; & les côtés a c, b d, des pointes, fléchissant, prennent encore deux nouveaux angles, & se réduisent sous la forme n o p q r.

Lorsque les pointes sont crochées, on les passe dans les trous de la peau piquée & tendue sur le panteur. on voit fig. 7. une peau couverte de pointes en - dessous, & fig. 8. la même peau en - dessus; cette opération de garnir la peau de pointes s'appelle bouter ou ficher. Lorsqu'on a bouté, & que la peau est couverte de pointes ou crocs, on passe dessus de la colle forte; après s'être bien assûré toutefois qu'il n'y a point de crocs à contre sens; car il est évident que tous les angles doivent avoir leurs côtés paralleles, & les sommets tournés du même côté. Pour s'assûrer de cela, on a une planche qu'on appelle patron. on applique cette planche sur le feuillet ou sur la peau percée & garnie de crocs, & on retourne le panteur sans crainte que les crocs sortent de leurs trous, ou se dérangent.

Lorsqu'on a bien fixé les crocs sur le feuillet avec la colle forte dont on l'a enduit, on prend une pierre de grès très - fine, & on enleve le morfil, & l'on aiguise les pointes des crocs en passant dessus cette pierre. Cette opération s'appelle habiller ou rhabiller la carde.

Après que la carde est habillée, on prend le fendoir, & l'on démêle les crocs qui sont embarrassés les uns dans les autres. Voyez fig. 9. cet instrument. C'est une espece de ciseau dont une des branches est inclinée en un sens, & l'autre en sens contraire; il a un dos & un tranchant; on passe sa pointe entre les crocs entrelacés, & on les démêle.

Après cette opération, on prend l'instrument représenté fig. 10. & appellé dresseur, de sa fonction. C'est un petit canon emmanché; son ouverture est à peu près du diametre du fil; on s'en sert pour redresser les crocs versés ou renversés; on insere la pointe du croc dans l'ouverture, & on lui donne l'angle que l'on veut, & à l'endroit où il faut.

L'usage du fendoir est de mettre les crocs en ligne & de les démêler: celui du dresseur, c'est de placer tous les sommets des angles dans un même plan parallele au feuillet, & de rendre tous les crocs bien perpendiculaires, ou dans une même inclinaison.

Il s'agit maintenant de recorder la carde: recorder une carde, c'est examiner tous les crocs, ôter ceux qui se sont cassés, soit dans l'opération du fendoir, soit dans celle du dresseur, & ceux qui se sont trouvés trop courts. Pour cet effet, on ôte la colle dans l'endroit du feuillet auquel ils correspondent, & on leur en substitue d'autres.

Quand la carde a reçû toutes ces façons, on la détend pour la monter sur un morceau de bois de hêtre de même grandeur; ce qui s'exécute au poinçon & au marteau. Le poinçon sert à faire des trous dans l'épaisseur du bois, & le marteau à enfoncer les clous. on a soin que le feuillet soit bien tendu sur le bois; & pour l'y arrêter plus soli dement, on borde la carde avec une lisiere de peau dont on couvre les extrémités cloüèes du feuille, & qu'on fixe avec de nouveaux clous.

Lorsque la carde est montée, on la mouve: les ouvriers entendent par mouver, repasser les pointes au grès, les égaliser derechef, & donner la derniere façon tant à celles qu'on a substituées, qu'aux autres.

Les Cardiers ne peuvent guere se négliger dans la façon des cardes que l'apprêt des laines ne s'en ressente: si les Cardiers n'observent aucune regle fixe dans la maniere de fabriquer les cardes destinées à mêlanger & à carder les laines, ou que les Cardeurs se servent indistinctement de toutes sortes de cardes, les laines n'obtenant pas toute la perfection de travail dont elles sont susceptibles, les draps & les étoffes qu'on en fabriquera seront moins parfaits. C'est pourquoi le Roi a statué par un ar du 30 Décembre 1727, que les cardes appellées grosses plaquettes, qui servent à embourer, ou carder pour la premiere fois les laines fines d'Espagne ou de Languedoc, qui entrent dans la fabrication des draps. Londrins premiers & seconds, auront neuf pouces de long, cinq & demi de large, au moins cinquante & un rangs de dents, de soixante dents chacun, d'un fil de fer d'Allemagne de trois plombs.

Que les cardes appellées grosses plaquettes, qui servent à embourer pour la premiere fois les draps communs, auront neuf pouces de long, cinq pouces & demi de large, au moins quarante - cinq rangs de dents, de cinquante - quatre dents chacun, de fil de fer d'Allemagne de deux plombs.

Que les drossettes destinées à dresser ou carder les laines pour la seconde fois, auront neuf pouces de long, cinq de large, au moins soixante & un rangs de dents de soixante & une dents chacun, de fil de fer d'Allemagne de quatre plombs.

Que les fines plaquettes qui servent à emprimer ou recarder sur le genou pour la troisieme fois, auront neuf pouces de long, quatre pouces trois lignes de large, au moins quatre - vingts - quatre rangs de dents, de soixante & une dents chacun, fil de fer d'Allemagne de six plombs.

Que les petites ou fines cardes qui servent à recarder pour la derniere & quatrieme fois les laines destinées pour les chaînes des draps Londres, Elboeuf, &c. auront neuf pouces de long, deux pouces deux lignes de large, au moins quatre - vingtsquatre rangs de dents, de quarante & une dents chacun, fil de fer d'Allemagne de six plombs.

Que les petites ou fines cardes à carder les laines fines d'Espagne pour chaînes de draps Londrins premiers & seconds, draps fins noirs, écarlates, & autres de même qualité, façon d'Espagne, d'Angleterre, de Hollande, &c. auront neuf pouces de long, deux pouces de large, au moins quatre - vingts - quatre rangs de dents, de quarante - trois dents chacun, de fil de fer d'Allemagne de sept plombs.

Que les petites ou fines cardes à recarder pour la quatrieme & derniere fois les laines pour trame de draps Londres larges, Elboeuf, droguets d'Angleterre, &c. auront neuf pouces de long, deux pouces & demi de large, au moins quatre - vingts - quatre rangs de dents, de quarante & une dents chacun, & de fil de fer d'Allemagne de cinq plombs.

Que les petites ou fines cardes à carder la trame des draps fins qui passent au Levant, façon d'Angleterre, de Hollande, d'Espagne, &c. auront neuf pouces de long, deux pouces & demi de large, au moins quatre - vingts - quatre dents, de quarante - trois dents chacun, fil de fer d'Allemagne de six plombs.

Que le Cardier mettra sa marque à feu sur - les cardes qu'il fabriquera, avec les numeros de la grosseur [p. 680] du fil & des rangs & des dents, sous peine de confiscation.

Que le Cardeur n'employera point de cardes nonmarquées, & ne cardera des laines qu'avec celles qui sont destinées à cette qualité de laine, sous peine de confiscation des laines & d'amende, soit contre lui, soit contre le fabriquant.

Que le Cardeur ne cardera point des laines blanches avec des cardes qui auront servi à des laines teintes.

Que les laines dont on fait les Londrins premiers & seconds, les Londres larges, & autres draps en blanc, n'ayant pas besoin d'être cardées autant que les laines teintes; si on ne les carde que trois fois, seront cardées la premiere avec les grosses plaquettes; la seconde avec les drossettes ou avec les fines plaquettes, & la troisieme avec les petites ou fines cardes, & que les jurés veillent à ce que les Cardiers & Cardeurs se conforment à ces ordonnances. Voyez les Reglemens génér. pour les manuf. tom. III. pag. 257.

Les cardes pour le coton ne sont pas différentes de celles qu'on employe pour la laine: ce sont celles qui servent à carder sur le genou & qu'on appelle vulgairement petites cardes. Voyez l'article Draperie. Voyez aussi les dimensions de cette sorte de carde plus haut dans cet article même, & l'article Laine.


"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 10:02



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Le reste je me le garde pour cet après midi,

POUR BERNARD MICHEL CLAUDE
Pourrais tu faire une copie de l'acte en question pour vaquilini?




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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 11:32



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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 11:48



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bonjour,
Toujours pas de soleil en seine et marne. voici une réponse partielleExclamation
en attendant mieux comme réponsefou à bientôt.


Le Layetier

Le layetier était un fabricant de layette aussi appelé laiettiers ou cassetier.
La layette était un coffre servant de meuble de rangement pour le linge de maison.
Il servait aussi à stocker le grain.
Le layetier produisait en outre des pupitres d?école ou des cercueils.
Au XVIII ème siècle, l?apprentissage du layetier durait 2 ans.
La layette est, à l?origine, un présent que le Pape fit à l?héritier du Trône de France au XVIIème siècle. Ce cadeau contenait une liste importante de linge pour la mère, l?enfant (mouchoirs, serviettes ?), le corps (couches ?) et le berceau (matelas, draps ?).
Le terme Layette désigne aujourd?hui les vêtements du nouveau-né.
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 14:35



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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 14:37



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8) cool demain le soleil sera làExclamation Smile
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 14:48



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Complément sur le LAYETIER, s. m. (Ouvrier.) qui fait & vend des layetes & toutes sortes d'autres boëtes de menue menuiserie.

Les maitres de la communauté des Layetiers de Paus, le qualisient maitres layetters - Ecrainiers de la ville & faubourgs de Paris.

Leurs premiers statuts sont assez anciens, comme on le peut voir par les quinze articles mentionnés dans la sentence du prevot de Paris, auquel les maîtres Layetiers avoient été renvoyés par François I. eu 1521, pour donner son avis sur les nouveaux statuts qu'lis avoient fait dresser.

Cette sentence, du 31 Janvier 1522, n'ayant été présentée au roi que quatre ans aprês, le même François I. donna de nouvelles lettres porianr encore renvoi au prevôt de Paris pour confirmer & homeloguer les nouveaux statuts que ledit prevôt avoit vus, réformés & approuvés en 1522; ce - qui fut fait par une autre sentence du 27 Juin 1527. Enfin ces statuts, contenant vingt - neuf articles, furent encores augmentes de cinq autres, sur lesquels il y a des lettres d'Henri III. du 7 Janvier 1582.

Cette communauté a ses jurés pour veiller à ses priviléges, faire les visites & donner les lettres d'apprentissage & de maitirise. Ces charges ayant été érigées en titre d'office par l'édit de 1691, furent l'année suivante réunies & incorporées, & le droit de l'élection rétabli.

L'apprentissage est de quatre années, & l'aspirant à la maitrise est sujet au chef - d'oeuvre, à moins qu'il ne soit fils de maître.

Les Layetiers se servent de presque tous les outils des Menuisiers, étant en effet des menuisiers de menus ouvrages. Ils en ont cependant qui leur sont propres, tels que la colombe, le poinçon, le plioir & deux enclumes, l'une à main, l'autre montée sur un billot.





LA vignette représente l'intérieur d'une boutique & plusieurs ouvriers occupés à différentes opérations de cet art.

Fig. 1. Ouvrier qui dresse un joint sur la colombe.
2. Ouvrier qui rabotte une voliche avec la galere.
3. Ouvrier qui clout des traverses sur le couvert d'une caisse.
4. Ouvrier qui scie une planche affermie par son genou sur la colombe.


Bas de la Planche.
5. Colombe, sorte de grande varlope servant à dresser les joints.
6. Galere dont se sert l'ouvrier, fig. 2. de la vignette.
7. Fausse équerre ou sautrelle.
8. Equerre.
9. Etabli.



Fig. 1. Grand rabot.
2. Petit rabot.
3. Maillet.
4. Marteau.
5. Tenailles.
6. Pince.
7. Pointe à tracer.
8. Vilbrequin.
9. Vrille.
10. Bec - de - canne.
11. Tourne - vis.
12. Tenailletes.
13. Petit marteau.
14. Cisailles.
15. Compas de bois.
16. Compas de fer.
17. Etau à main.
18. Fermoir.
19. Ciseau.
20. Pointe à percer.
21. Egoine.
22. Etau d'établi.
23. Sciè.
24. Scie à main.





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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 15:13



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hongroyeur :
Ouvrier qui facçonne le cuir avec de l'alun et du suif à la manière employée acestralement en Hongrie; cuir plus particulièrement utilisé par les selliers, carrossiers ou bourreliers.





LA Vignettere présente le bord d'une riviere recou - vert de grandes pierres, afin que les peaux ne ra - massent aucunes saletés. C'est sur cette terrasse qui est recouverte par un hangard, que se fait le travail dit de riviere.

Fig. 1. Chevalet sur lequel on étend les peaux pour les écharner & les raser.
2. Chevalet garni d'une peau.
3. Couteau pour raser les cuirs. on se sert aussi d'une faux pour le même usage.
4. Fusil, outil d'acier trempé, servant à donner le fil aux couteaux.
5. Queurse, pierre à aiguiser, servant à repasser le tran - chant des couteaux.
6. Fourneau qui occupe un des angles de l'attelier, où l'on met les cuirs en alun.
7. Chaudiere du fourneau précédent; elle est de cuivre & a 22 pouces de diametre, & 15 de profon - deur.
8. Baignoire ou cuve ovale, ayant cinq piés de long, trois piés de large, & deux & demi de profon - deur, dans laquelle on foule les cuirs pour les im - biber de la dissolution d'alun.
9. Plan de la même baignoire.




10. Baquet dans lequel on met tremper les cuirs, après qu'ils ont été foulés & ployés. on verse dessus l'eau d'alun qui a servi à cette opération. Ces ba - quets ont deux piés de haut, & deux piés & demi de diametre.

11. Guipon servant aux ouvriers, fig. 1. & 2. de la vi - gnette de la Pl. suivante pour mettre en suif.

12. Grille de fer sur laquelle on fait un feu de charbon.

13. Foyer sur lequel on place la grille. Ce foyer qui est construit en briques, est placé au milieu de l'é - tuve.

14. Travail de grenier. Sur un plancher incliné A B C D, composé de planches appuyées sur deux lambour - des, on dispose plusieurs perches verticalement; ces perches soutiennent des bâtons E F, G H qui servent d'appui aux mains de l'ouvrier qui roule les cuirs sur une baguette, en les poussant en arriere de lui avec ses piés.

15. Baguette servant au travail précédent; elle a deux piés de long, & neuf lignes de diametre; ses ex - trémités sont arrondies pour ne point maculer les cuirs.

16. Cuirs coupés en deux bandes qui ont environ trois piés de large, & neuf piés de long chacune.





La Vignette représente l'opération essentielle de l'Hongroyeur, qui consiste à mettre les cuirs en suif, après qu'ils ont été alunés & travaillés de grenier.

L'étuve servant à cette opération est une chambre quarrée qui ferme exactement pour conserver la cha - leur. Au milieu de cette chambre est placé le foyer de bri - ques, fig, 13. de la Pl. précédente, sur lequel on établit la grille, fig. 12. sur laquelle on fait le feu. Dans un des angles de cette étuve est un fourneau de maçonnerie, sur lequel est montée une chaudiere de cuivre de deux piés de diametre & 20 pouces de profondeur, dans la - quelle on fait fondre le suif.

Deux des côtés de l'étuve sont garnis de fortes tables de bois de chêne soutenues par trois tréteaux de même bois. Près du plafond sont des perches arrondies sur lesquelles on étend les cuirs pour les échauffer & les sé - cher.

Lorsque tout est préparé, deux ouvriers entrent dans l'étuve n'ayant seulement qu'un linge autour de la cein - ture.

Fig. 1. Ouvrier qui trempe son guipon dans la chau - diere où est le suif fondu, pour en enduire la ban - de qui est étendue sur la table.

2. Autre ouvrier qui avec son guipon étend le suif que le premier ouvrier lui a fourni, sur la partie du cuir qui est à sa portée.

3. & 4. Les deux mêmes ouvriers qui flambent une bande après qu'elle est suifée, ils la placent ensuite sur la seconde table.


Bas de la Planche.
Plan de l'étuve.
A table sur laquelle on met en suif.
B table sur laquelle on place les bandes après qu'elles ont reçu le suif.
C grille sur laquelle on fait le feu de charbon.
D chaudiere montée sur son fourneau, dans laquelle on fait fondre le suif.
E ouverture du fourneau.





Pour en svoir plus sur le tannage et le hongroyage
un site paticumièrment complet (trop long pour être copié)

http://tc.revues.org/document1585.html

"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
mes recherches : TAMISSIER(55-23) - LAJOUX(55) - PERSIN(55)-(52)- CHAUVIN (23) - LAURENT (52)
PIEDNOIR(53)- TORTRAT(45-18) - JOUBARD(56) - STOPHE(75-77-78 et suisse ) - GRANDIERE(53-75)-DUCLOS (56) - GIQUEL (56) - LAGROUAIS (56)
SAVARD (45 et 18)- RAIZE (77 - suisse) Joliat (suisse)
khalida.137
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 15:20



Inscrit le: 04/04/2008
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bravo Joëlle pour toutes ces explications.
Mais moi je m'entraine à mon nouveau savoir faire "transfert d'images ou photos"
Donc voici un rond point que j'adore sur la route d'étretat (ma région) ceci est une photo internet . c'est rigolo car à chaque fois que j'y passe moi aussi je m'y arrête et je le prends en photo.Thumb Up


"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
khalida.137
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 15:28



Inscrit le: 04/04/2008
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cette am sortie pour faire du "magasinage" clinoeil comme disent les canadiens. Ils disent aussi je vais "magasiner" traduire du shopping.Smile
A ce soir peut être.
Qui va inaugurer la 46 ème pageQuestion
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
joepiednoir
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 18:57



Inscrit le: 10/04/2003
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Thumb Up

"Jettes une poignée de pierres, une au moins atteindra son but"
mes recherches : TAMISSIER(55-23) - LAJOUX(55) - PERSIN(55)-(52)- CHAUVIN (23) - LAURENT (52)
PIEDNOIR(53)- TORTRAT(45-18) - JOUBARD(56) - STOPHE(75-77-78 et suisse ) - GRANDIERE(53-75)-DUCLOS (56) - GIQUEL (56) - LAGROUAIS (56)
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christ.L12
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Envoyé le: mercredi 30 avril 2008 21:42



Inscrit le: 19/09/2005
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Joëlle ,vendredi dernier j'avais le même livre que toi
dans les mains chez des amis et j'ai brièvement recopié c'est 4 métiers


patronymes sur 57 Rall,Neufint/Tänny/Boltz/Bossert/Theobald/Scheuer/
Kiehl/Geisler/Dumolt/Walter/Stenger/Burgun/Schwoerer/Lehmann
patronymes sur 67 Rall/Woelffel/Muller/Simon/Wattron/Zehner/Fritsch/Lux/Martin/Dumolt/Hilt
patronymes sur le luxembourg Boltz/Kiehl/Bernard/Sosson/Jung/Wagner/Medernach/Hansen
christ.L12
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Envoyé le: jeudi 1 mai 2008 08:09



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bonjour

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Kiehl/Geisler/Dumolt/Walter/Stenger/Burgun/Schwoerer/Lehmann
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Martine.M1037
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Envoyé le: jeudi 1 mai 2008 08:29


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Messages: 61
Je viens de remonter toute la file et je trouve cela super intéressant. Il y a un tas de vieux métiers oubliés et c'est passionnant à lire. Merci pour toutes ces explications et bravo !
bien amicalement
joepiednoir
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Envoyé le: jeudi 1 mai 2008 09:57



Inscrit le: 10/04/2003
Messages: 4 142
Bonjour à tous
Sylvie merci pour le muguet
Bienvenue à Martine

Christophe, je rectifie : JE N AI PAS DE LIVRE
Je fais toutes mes recherches sur internet

Bonne journée à tous
aujourd'hui repos
à demain

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Benedicte.V5
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Envoyé le: jeudi 1 mai 2008 10:20



Inscrit le: 11/02/2006
Messages: 4 963
Bonjour

Un petit Hiding juste pour vous souhaiter un bon 1er mai




:bisou: Joelle

bonne journée à tous.
khalida.137
Métiers d'autrefois - Liste des métiers étudiés en page 15
Envoyé le: jeudi 1 mai 2008 10:59



Inscrit le: 04/04/2008
Messages: 1 569
trefle trefle trefle trefle
Bonjour à tous,
En ce 1er mai voici 3 citations

*Françoise GIROUD : "Bonheur : faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait."

*Epictète : "Le bonheur ne consiste pas à acquérir ni à jouir, mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre."

et parfois il y en a qui passe à coté de leur bonheur parce que.....:

*Raymond QUENEAU : Je connaîtrai jamais le bonheur sur terre, je suis bien trop con.
trefle trefle trefle trefle
"Il faut être passionné pour réussir sa vie."
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