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LES VIKINGS - Filae.com
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: vendredi 26 octobre 2007 21:09



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Suite ...

1910, date retenue de ce tableau, est en effet un grand moment de la "vikingomanie", car on se représente, à tort, la Normandie éternellement préoccupée de ses origines scandinaves et prompte à célébrer une imagerie guerrière mettant en scène les farouches pirates du Nord.
En réalité l'explosion de cette imagerie devenue incontournable est rigoureusement datée au tournant du siècle autour des manifestations organisées par les sociétés savantes (les premières grandes fêtes normandes sont inaugurées à Rouen, en 1904 sous l'égide du Souvenir normand ... et des Normands de Paris) et s'affirme avec les grandes fêtes du Millénaire de la Normandie, à Rouen en 1911, à Bayeux en 1924, à Coutances en 1930.
Elle est aussi puissamment amplifiée par l'impact considérable des découvertes archéologiques scandinaves de tombes à bateau (bateaux de Gokstat, 1884, et d'Oseberg, 1904, etc.).A suivre et bon week end !
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: lundi 29 octobre 2007 18:17



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Le plus représentatif des tableaux traitant les invasions normandes, et quasiment le seul montrant des Vikings, est le fameux "Pirates normands" d'Evariste Luminais - Musée de Moulins.
on pourrait citer aussi "Le comte Eudes défendant Paris ...", de Schnetz et "La Bataille de Saucourt-en-Vimeu ..." de Dassy, mais leur date - 1834-1836 et 1837 - et leur contexte - le programme iconographique de la galerie des batailles de Versailles - les distinguent du lot. Significativement, ces deux oeuvres montrent des combattants à pied, sans représentation du célèbre bateau viking. Le personnage principal en est le prince - Eudes ou Louis III - et non les barbares que rien ne permet d'identifier comme des guerriers scandinaves.


La redécouverte du tableau de Charrier - "Le reliquaire" - vient donc combler une lacune dans la rareté de ces modèles iconographiques en France (alors qu'ils sont naturellement abondants en Scandinavie à la même époque) et souligne l'apparente anomalie que constitue la quasi absence d'Suvres sur ce sujet dans les collections publiques normandes.
A suivre.
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: vendredi 2 novembre 2007 19:50



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Suite,

L'intérêt de cette Suvre restée inédite pour les collections du Musée de Normandie est donc essentiellement iconographique. Elle représente une pièce importante dans une enquête menée depuis plusieurs années sur l'iconographie du "mythe viking" dans le régionalisme normand, à la suite des travaux essentiellement littéraires conduits par Régis Boyer.
La collecte sur ce sujet a jusqu'ici essentiellement reposé sur des illustrations (affiches, revues, livres scolaires).
La découverte de ce tableau oublié et la rareté des oeuvres traitant le sujet dans les collections publiques fondent l'opportunité de l'acquisition.

bye bye ,Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: lundi 5 novembre 2007 20:19



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Un personnage célèbre ,

Le "Sauvageon" de Trancault



HASTING ou HASTINGS,
Chef de pirates normands, né à Trancault dans le IXème siècle, mort en Angleterre vers l'an 900. Il était fils de simples paysans. Dès son enfance, il montra un goût prononcé pour les aventures. Bientôt, entraîné par ses penchants cupides et cruels, il renia sa patrie et sa religion pour s'enrôler parmi les pirates normands. Mais, il ne pouvait se contenter d'un rôle secondaire, il lui fallait le pouvoir, l'autorité, et il sut la prendre. Ses compagnons, du reste, reconnaissaient sa supériorité, et comme à cette époque, la force physique jointe à la volonté étaient des titres suffisants pour avoir le commandement, ils ne songèrent point à le lui disputer. Sous sa conduite, ils remontèrent la Loire, qui, pour la première fois apercevait leurs barques légères. Hastings signala sa première expédition en brûlant la ville d'Amboise et en ravageant tout le pays entre la Loire et le Cher. Repoussé de la ville de Tours, devant laquelle il avait mis le siège, il remonta vers le nord, où il s'associa avec Bjoern. Les deux pirates préparèrent une grande expédition. Bjoern prit le commandement de la flotte qui opérait sur la Seine, et Hastings reprit le chemin de la Loire. Il s'établit dans une des ïles marécageuses qui obstruaient le cours de la Basse-Loire. De cet asile qu'il fortifia, il se répandit sur les deux rives du fleuve et les dévasta complètement. Après s'être partagé le butin, Hastings et ses compagnons se dirigèrent vers le sud et remontèrent la Garonne. Il poussèrent leurs déprédations jusqu'aux Pyrénées. Leur fureur s'exerçait principalement sur les seigneurs et les prêtres. Quand ils ne trouvèrent plus rien à piller en Aquitaine, ils longèrent les côtes de l'Espagne, remontèrent successivement le Tage, le Guadalquivir, ravagèrent Séville, Lisbonne et explorèrent le détroit de Gibraltar. Cette expédition eut lieu en 852. Hastings proposa ensuite à ses compagnons de marcher contre Rome, sans savoir précisément où elle était située. Il se dirigea donc vers l'Italie à la tête de cent bateaux, pillant en passant les côtes d'Espagne et de Mauritanie. Le premier port qu'il rencontra fut la ville de Luna, qu'il prit pour Rome. Désespérant d'enlever de force une aussi grande ville, Hastings eut recours à la ruse. Il feignit une maladie mortelle, et promit de léguer ses trésors à l'Eglise, pourvu qu'on lui accorda la sépulture dans un cloître. Le jour suivant, les Normands transportèrent son corps à l'église pour y célébrer les funérailles de leur chef ; mais au moment où on allait le descendre dans la tombe, le prétendu mort se redressa tout-à-coup, mit l'épée à la main et frappa l'évêque qui officiait. Aussitôt ses compagnons, tirant leurs armes de dessous leurs vêtements, massacrèrent tous les assistants, se répandirent dans la ville et la mirent au pillage. Hastings, maître de Luna, reconnut que ce n'était pas Rome ; mais il abandonna le projet d'aller l'attaquer. Après avoir transporté son butin sur ses bateaux, il se rembarqua pour la France. Une affreuse tempête, qui les assaillit, les força de jeter à la mer tout leur butin ; mais ils se dédommagèrent de leurs pertes en pillant tout le midi de la France. Enfin, dégoûté de ses aventures, Hastings accueillit les propositions de Charles le Chauve ; il se laissa conduire devant le roi, et consentit, en 863, à recevoir le baptême, moyennant une forte somme d'argent et la possession du comté de Chartres. Treize ans plus tard, une nouvelle bande de Normands s'étant jetée sur la Neustrie, Hastings, fidèle à ses serments, essaya de lui faire rebrousser chemin. Malgré tout, sa conduite fut soupçonnée et il se vit forcé de quitter la France. Arrivé en Angleterre, il souleva les Danois d'Est-Anglie et du Northumberland et marcha à leur tête contre le roi Alfred. Vaincu, il ramena en France les débris de son armée. Comme il était alors très avancé en âge, il dut mourir quelque temps après.



Source : Biographie des personnages de Troyes et du département de l'Aube par Emile SOCARD (reproduction de l'édition de 1882)

Amicale-Généalogie


PBUSSAC
LES VIKINGS
Envoyé le: mardi 6 novembre 2007 09:12


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Bonjour je suis Philippe Bussac retraité.
Je recherche la signification du mot tot
qu'on retrouve beaucoup en normandie.......

Ecultot, turretot,le tot,Epretot,

Peut être est ce un mot Viking ?

Philippe
Bernard.L130
LES VIKINGS
Envoyé le: mardi 6 novembre 2007 09:38



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Bonjour Philippe
C'est un terme normand venant du scandnave et qi sert à décrire le paysage :
- Tot = ferme
Tout comme le Tourp est un village ; la dalle est une vallée ; le bec est un ruisseau ; la hogue est une terre ; les houlles sont des trous...
mais n'hésitez pas à aller dans les premières pages de cette file ; elles sont riches en renseignements.
Au passage, bonjour à Maryvonne fidèle à cette file
Cordialement
Mireille
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: jeudi 22 novembre 2007 18:45



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Je poursuis les noms de lieux normands de G.Dubosc.

Suivons, selon l?ordre alphabétique, ces termes normands ou norois. Voici par exemple le terme issu du danois boec et du suédois back qui a le sens de « ruisseau ». C?est lui qui a fourni, avec le sens de cours d?eau, Le Bec* et Le Becquet, près de Rouen, à Saint-Adrien. Des cours d?eau, il est passé à des localités riveraines, joint parfois à des noms d?hommes : Le Bec-Hellouin où le bienheureux Hellouin fonda une abbaye, en 1034, ou Le Bec-Thomas, dont le château fut construit par Thomas de Tournebu, qui vivait en 1180. Faut-il citer maintenant tous les noms de rivières, dont bec est le terme final ? C?est le Bolbec, le Robec, qui est le même terme que leRodeboek, qui existe en Danemark, et le Saffimbec, dans la Seine-Inférieure ; l?Orbec, dans le Calvados et le Briquebec, dans la Manche. Quant aux noms de lieu, ils sont assez nombreux : Beaubec, dans la Seine-Inférieure, célèbre par son abbaye qui a son pendant, son synonyme, en Suède, avec Bjalleback ; Bolbec qui doit être formé par un nom d?homme et la terminaison bec, comme aussi dans Bolleville ; Carbec, dans l?Eure ; Caudebec, Clarbec dans l?Eure ; Crabec dans la Manche, qui se retrouve en Danemark avec le nom de lieu de Kragboek ; Foulbec, la « laide rivière » ; Houlbec, la rivière « profonde » de hol, creux ; Robec dont l?élément initial peut être formé par rod « rouge », la «rivière rouge» ou qui coule sur un sol rouge ; Mobecq et Varenguebec dans la Manche, formé probablement par un nom d?homme, qu?on retrouve dans Varengeville, jadis Varengueville.
Bonne lecture .Mary.
hobie
LES VIKINGS
Envoyé le: jeudi 22 novembre 2007 18:54



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Pas de nouvelles des vikings depuis longtemps comment vas tu Mary Bisous a tout le monde

Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: jeudi 22 novembre 2007 19:00



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Coucou Marie ,je vais trés bien,et toi ? Je n'avais pas beaucoup de temps mais là j'en profite pour remettre à jour car je m'absente plusieurs jours dans le Lot et Garonne .:bisou: Mary.
Charly.1
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Envoyé le: jeudi 22 novembre 2007 23:26


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bonjour
voila encore une decouverte,apres mes trouvailles des vikings a Worms,une dizaine de kms de l'alsace,et pres de Bitche 57,aussi pres de l'alsace,voila qu'une vikings va conquerir le Lot et Garonne,alors bon voyage pour ta conquete du sud oeust Mary
Charly
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: vendredi 23 novembre 2007 09:49



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Danke Charly Smile
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 10:29



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Suite...

Voici maintenant le terme Budh, « cabane, chaumière », qui s?est francisé suivant la terminaison beu et surtout beuf. Longnon voit dans ce mot l?origine de Boos, désigné sous le nom latin de Bodus, au XIe siècle, puis de Boes. Viennent ensuite tous les noms en beuf, qui ont des formations similaires dans les pays scandinaves : Criquebeuf, par exemple, qui est le même nom que Kirkebo, en Danemark et en Norvège ; Daubeuf, qui sous la forme Dalby, a des homonymes en Danemark et dans le Lincoln, en Angleterre ; Elbeuf autrefois Wellebeuf, qui a son homonyme dans Wejby, en Danemark. Combien d?autres encore : Pibeuf, Quillebeuf, le pays cher au poète de la Normandie exaltée, Charles-Théophile Féret, et qui a bien ? comme il l?a souvent dit ? le même nom que Kilbo, en Suède ; Vibeuf, Ribeuf et Yquebeuf. Et il est à remarquer que ces noms appartiennent, presque tous, à la Haute-Normandie.

La plupart des termes initiaux de ces dénominations sont un nom connu, d?ordre topographique. Daubeuf, c?est la chaumière de la vallée, de dal « vallon » ; Lindebeuf, « la chaumière des tilleuls », de lind, en suédois tilleul ; Quillebeuf, « la chaumière de la fontaine », du danois kilde, source ; Yquebeuf, du danois eg, le chêne ; Criquebeuf, du mot kirke, en danois kirke.
La terminaison bu ou bie, a la même signification que celles en beuf. Elle a aussi le sens de « maison », de « domaine ». C?est elle qui a fourni quelques noms de lieux du Calvados et de la Manche : Bourguebus ; Tournebu, dans l?Eure, qui veut dire « la maison de l?épine » , ce mot se disant en danois torn et a pour synonyme Thornby, en Angleterre, dans le Northampton ; Carquebut, qui veut dire « la maison de l?église » et qu?on retrouve, sous de nombreuses formes, dans Kirkeby, en Danemark et en Norvège.

*


Un mot qui est commun à tous les dialectes scandinaves et même bas-allemands, c?est le terme dal, avec le sens de « vallée ». on le retrouve surtout dans l?Eure et la Seine-Inférieure. Becdalle, par exemple, qui a son équivalent en danois Boekdal, c?est la « vallée du ruisseau » ; Bruquedalle, dans la Seine-Inférieure, c?est la « vallée du marécage » ; Dieppedalle, notre joli village des bords de la Seine, qu?on retrouve sous la forme Djupdal et Djupedale en Suède et Norvège, c?est la « vallée profonde ». C?est donc un synonyme de Parfondeval, qu?on trouve dans la Seine-Inférieure.

Vous avez certainement été frappé par le nom d?Auppegard, dans la Seine-Inférieure. Ce mot gard, dans la langue noroise, a le sens d?«enclos», qu?on retrouve dans notre mot « jardin ». Auppegard, dans la Seine-Inférieure, comme Epégard, dans l?Eure, dénommation qu?on retrouve même en Ecosse, Applegarden, dans le comté de Dumfries, c?est le « jardin des pommiers », pomme se disant en suédois, aple. Le nom de Bigards, dans l?Eure, voudrait bien dire le « jardin des abeilles », car ce mot initial bi est le nom de l?abeille, en suédois. Autre terme très caractéristique de la dénomination des noms de lieux dans les pays scandinaves, c?est le mot holm, qu?on retrouve, par exemple, dans Stockholm, capitale de la Suède. Il désigne une « île », entourée d?eau, ou encore un «mamelon isolé». on le rencontre sous la forme homme, dans le nom de Engehomme, une île de la Seine, en face de Martot, dans l?Eure ; dans le nom de Torholm, qui aurait été le nom primitif de l?île d?Oissel, d?après une charte de 1030. Edmond Laporte le retrouvait aussi dans Courholm, qui aurait été le nom primitif des villages normands, défigurés en Couronne, Petit Couronne et Grand-Couronne. on le retrouve encore précédé de l?article dans Le Houlme, voisin d?une île de la rivière de Cailly, dans Le Homme, dans le Calvados et dans l?Eure, et aussi dans ses diminutifs : le Hommel et le Hommet.

Voici encore un nom étrange et inaccoutumé, qui surprend l?oreille française. C?est Etainhus, dans la Seine-Inférieure, dans le canton de Saint-Romain, autrefois Estainhus. Eh bien ! le mot norois hus, a le même sens que le mot anglais house, et termine dans les pays du Nord, un certain nombre de noms de lieux, comme celui de la ville d?Aarhus, en Danemark, Etainhus, comme Stenhus en Danemark, c?est la « maisons de pierre ». Peut-être peut-on reconnaître la même désinence dans Cropus, dont le terme initial serait formé par un nom d?homme.

Lundr, qui veut dire « bois, bocage », s?est changé en Normandie en la forme déterminale lon : Boslon, dans l?Eure, Bouquelon également dans le canton de Quillebeuf et qui signifie la « hêtrée » et qu?on retrouve en Danemark sous la forme Bogelund, et en Suède, sous la forme Bokelund ; Ecaquelon, dans la Seine-Inférieure ; Scellon, dans l?Eure ; Yébleron, dans la Seine-Inférieure, qui autrefois s?écrivait Yblelon ; Yquelon, encore dans notre département, qui se trouve aussi en Suède, sous la forme Eklund, le « bois des chênes », du danois eg « chêne », qu?on a déjà vu figurer dans Yquebeuf.

Bye bye les Normands.Mary.
Béa.F1
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 11:07



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:bisou: Maryvonne et toute la file,

Wouahhh......... un vrai régal cette file, merci pour l'histoire Normande

Je vous souhaite à tous un bon dimanche

Béa
Bernard.L130
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 11:40



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Bonjour Mary, bonjour à ceux qui liront
Ah .... si cette file pouvait revivre on en apprendrait des choses. Merci Mary d'avoir eu le courage de survivre et nous faire partager votre "savoir".
Amicalement
Mireille
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 14:34



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Béa et Mireille ,quel plaisir de vous retrouver ici !

Béa depuis le temps ,tu me rappelles avril 2006 et les Girette ! ça passe vite!
:bisou: à toutes les deux .Mary.
Corrine.M
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 15:02



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Passionnant bravo
Ceux qui croient agir en fonction de l'intérêt général sont en réalité conduits à favoriser des intérêts particuliers qui ne font pas partie de leurs intentions.
Milton Friedman (Extrait de La Liberté du choix)
Béa.F1
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 25 novembre 2007 15:10



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Mary,

Oui ça passe vite, mais j'suis incapable de me rappeler que c'était en avril

Coco, toi qui aime l'histoire voila une file qui va te passionner

Béa
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: samedi 1 décembre 2007 04:33



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Heureuse de vous retrouver ici, Béa je n'ai aucun mérite à me souvenir que c'était début avril 2006 puisqu'il s'agissait de mon voyage en Normandie (presque 700km de chez moi )!
Voici la suite...

Bien entendu, Auguste Longnon n?a eu garde de passer sous silence tous les mots en mare, si nombreux dans les dénominations des noms normands. Dernièrement, à propos de la disette d?eau, sur le plateau du Pays de Caux, nous en avions longuement disserté et cette chronique avait même éveillé une réponse assez inattendue. Comme nous l?avions dit, en citant les travaux de Joret, Auguste Longnon estime que la terminaison mare, si fréquente dans la dénomination des noms de lieux normands, a eu le sens d?« étang », de « marais », comparable à celui de notre mot « mare ». Certains noms, comme Bellemare, dans la Seine-Inférieure ; Fongueusemare « la mare fangeuse », Longuemare, Rondemare, Sausseuzemare « la mare des saules », dans lesquels on voit mare précédé de l?adjectif roman, attestent que le mot mar avait pénétré sous la forme d?un substantif féminin dans le langage roman. Le premier terme des noms de Briquemare, Colmare, Etennemare, le fameux bois d?Etennemare, près de Saint-Valery, Normare, Roumare et Ymare, était sans doute un nom d?homme, car on les retrouve avec une autre détermination, dans Bricqueville, Colleville, Etenneville dans la Manche ; Norville, Rouville et Yville. La remarque est très juste et très curieuse.
SmileMary.
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: samedi 1 décembre 2007 17:30



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Suite ...

Thorp est encore un mot norois et signifie « village ». Il est donné à de nombreux endroits en Danemark et en Suède, mais il est assez rare en Normandie. A peine citerait-on le Torpt dans l?Eure, dans le canton de Beuzeville ; le Torp-Mesnil - entre nous, c?est deux fois la même chose ? dans le canton de Doudeville (Seine-Inférieure) et Le Tourp (Manche). C?est un terme tombé en désuétude de bonne heure, car on ne le rencontre comme nom commun dans aucun texte ancien.

Le mot norois Thveit désigne une « terre », mais une « terre essartée », car dans les langues scandinaves, tvet, tved, désignent un « abattis d?arbres ». Nous en avons fait, thuit ou tuit, et chose bizarre, il se rencontre sous sa forme première, dans la région de la Basse-Seine : Le Thuit, puis Thuit-Agron, Thuit-Anger, Thuit-Hébert, Thuit-Signol, Thuit-Simer. Il y a même quelque hameau dit Le Thuit, où la présence de l?article montre que le mot est passé, pour un temps, dans le langage usuel. Il est même devenu un nom d?homme avec l?innombrable famille des Duthuit !..

D?autre part, tuit constitue aussi le terme final d?un tas de noms de lieux : Bliquetuit, Brennetuit, Long-Thuit, le Milthuit, Vauthuit, dans la Seine-Inférieure ; Ecriquetuit, dans l?Eure. Le premier terme est souvent un nom d?homme ou un adjectif roman.
Bonne lecture . Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: dimanche 2 décembre 2007 20:47



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Suite...

Avec tuit, peut rivaliser la terminaison tot, si nombreuse en Normandie, car on la trouve dans une soixantaine de noms de lieux, désignant plus de quatre-vingts localités, depuis Yvetot jusqu?à Bouquetot. A vraiment dire, il signifie une « masure », mais une masure ruinée ? et il devait y en avoir quelques-unes après les incursions des Normands ! Biorn Haldorsen, dans son Lexicon islandico-latino-danicum définit ainsi le toft ou tot « area, domus vacua », cour d?une maison vide. on le trouve sous sa forme primitive dans Le Tot, dans la Seine-Inférieure, le village célébré par Eugène Noël ; mais voici Martot, autrefois Manetot, cité dans l?Eure en 1160 et en 1197, qui est la « masure de l?Etang » ; Lilletot, encore dans l?Eure, qui signifie la « petite masure » ; Fultot, la « vilaine masure » ; Appetot, autrefois Apletot, la « masure du pommier » ; Bouquetot, dans l?Eure, la « masure du hêtre » ; Ecquetot, la « masure du chêne » ; Lintot, la « masure du tilleul » ; Tournetot, la « masure de l?Epine ». Le plus souvent le nom initial est un nom d?homme d?origine normande ; Colletot, dans l?Eure, la « masure de Hrolf » ; Sassetot, la « masure du Saxon » ou encore quelque nom d?origine germanique : Hébertot, la « masure d?Hébert » ; Raimbertot, la « masure de Raimbert » ; Robertot, la « masure de Robert ».ça me fait penser à la Robertsau à StrasbourgVery Happy .
Bonne lecture .Mary.
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: mercredi 5 décembre 2007 18:36



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Suite...

Voici encore quelques noms normands, mais dont l?origine est parfois contestée. Haug, « élévation, hauteur », se retrouve dans La Hogue, dans le Calvados et la Manche ; La Hougue ; Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche ; Les Hogues, dans la Seine-Inférieure ; Les Hougues, dans la Manche et les diminutifs Les Hoguettes. Les noms de Cherbourg, de Gobourg, de Montebourg, de Cabourg sont-il bien scandinaves ou existaient-ils avant la domination normande ?

Leur finale ne permet pas de savoir s?ils viennent du mot germanique burg, « forteresse », ou du mot norois borg, « rempart de pierre », si usité en de nombreux endroits dans les pays du nord. Hafa, « port », a donné Le Havre, attribué comme nom propre à la ville fondée par François Ier, et qu?on retrouve dans bien d?autres endroits, mais pendant longtemps, on prononça Le Hable, comme dans le Hable de Dieppe, le Hable de Veulettes, de Cricqueville ; le Hablet d?Escalleville, dans la Manche.

Par contre Sanvic est bien normand. Vic, Vik, qui subsiste en suédois, et viq, en danois, signifie une « anse, une baie grande ou petite » et les hardis Viking, qui parcouraient les mers, n?étaient que les hommes de la mer et des baies. Sanvic, situé au fond d?une petite crique voisine du Havre, a pour équivalent de nombreux Sandvik en Suède et en Norvège ; Sandwich en Angleterre, de Sand, « sable », « la baie du sable ».
Bye bye ,Mary.
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: dimanche 9 décembre 2007 18:20



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Suite et fin .

Il est un mot, dont il a été bien souvent question dans la presse et dont la disparition pour des raisons politiques ou électorales, serait bien fâcheuse, c?est celui de Cottes, le chemin des Cottes. Le terme cot appartient à la langue noroise, à la langue normande primitive. Il désigne une petite habitation villageoise et de là est venu le terme coterie, par lequel on entendait, au moyen-âge, un groupe de paysans constitué pour tenir les terres d?un seigneur, et aussi celui de cottage, que nous avons emprunté aux Anglais pour l?appliquer à un domaine rustique. Les noms de lieu Brocottes dans le Calvados, Vaucotte et Caudecotte dans la Seine-Inférieure, près de Dieppe, et l?autre dans le canton d?Envermeu, sont près de la mer. Caudecotte a, du reste, plusieurs équivalents en Angleterre : Caldecot, dans le Norfolk ; Caldecote, dans le Cambrihge ; Caldcott dans le Bedford, et, sous une forme plus française, ils figurent déjà dans le Domesday-Book. Vous croyez peut-être que Caudecotte veut dire Cote chaude, ou encore Calida tunica (cotte ou jupons chaude), ainsi que le traduisaient quelques latinistes du XIIIe et XIVe siècle. Il n?en est rien et c?est? tout le contraire. Kalt, en langue nordique, comme cold en anglais, veut dire « froid » et il faut voir dans Caudecotte, une « habitation froide », exposée par son isolement à tous les vents et à tous les ouragans.

Il resterait bien à parler des noms de lieu en ville, qui sont au nombre de 632 en Normandie et qui sont le plus souvent joints à des noms d?hommes de la conquête normande. C?est même une des preuves de l?influence profonde des Normands en Neustrie? mais nous en reparlerons une autre fois, en nous appuyant encore sur Auguste Longnon et ses admirables travaux.

Selon l'ouvrage de G.Dubosc en 1922
"Quelques lieux de noms normands."

Bonne lecture .Mary.
Maryvonne.Q3
LES VIKINGS
Envoyé le: lundi 10 décembre 2007 20:42



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Voici à Falaise le château de Guillaume le conquérant.

La ville de Falaise est née vers 840 à l'abri d'un petit fortin établi sur le rocher qui domine la vallée de l'Ante, là où le chateau sera construit deux siècles plus tard. Mais c'est au XI° siècle que Falaise et son chateau vont rentrer dans l'histoire avec la naissance de Guillaume, fils batard de Robert, duc de Normandie et d'Arlette, fille d'un tanneur.

La construction du chateau est commencé par Richard II,duc de Normandie, sur l'éperon rocheux qui domine toute la ville. Henri 1er Beauclerc, comme à Arques, Gisors ou Domfront, le transforme profondément. Sur les fondations, il fait élever le grand donjon quadrangulaire, auquel il adjoint une chapelle palatine (chapelle privée). Henri II Plantagenêt, son petit fils le "petit donjon" sur le flanc ouest du chateau, afin de renforcer sa défense et d'augmenter la surface habitable. La tour Talbot, de plan circulaire est construite par Philippe Auguste après le rattachement en 1204 de la Normandie au Royaume de France. La vocation de cette tour est strictement militaire. Construite selon un modèle standard, que l'on retrouve dans dix-huit autres sites de l'oueat de la France, elle est bien adaptée aux contraintes de la guerre médiévale. Philippe Auguste modernise également toute l'enceinte castrale en faisant construire plusieurs tours de défense et un castelet d'entrée dans la Haute Cour.



Entre les murs du château de Falaise naquit en 1027 ou 1028 un enfant destiné à changer pour toujours la face du monde occidental. Fils bâtard d?un duc de Normandie et d?une jeune bourgeoise de la cité, son pouvoir allait s?étendre quarante ans plus tard sur toute l?Angleterre. A Falaise, plus que nul par ailleurs, plane l?ombre de Guillaume le Conquérant.


Guillaume le Conquérant,

Une vie, une histoire
1027 - Naissance à Falaise en Normandie de Guillaume, fils illégitime de Robert Le Magnifique, duc de Normandie et d?Arlette, fille d?un tanneur, ce qui lui vaut le surnom de Guillaume Le Bâtard

1035 - A 8 ans Guillaume devient Duc de Normandie après la mort à Nicée de son père, Robert le Magnifique, au retour de son pèlerinage à Jérusalem.

1047 - Victoire du Val-ès-Dunes (Bellengreville) près de Caen. Avec l'aide d'Henry 1er, roi de France, Guillaume écrase les rebelles




1050 - Mariage avec Mathilde de Flandres célébré à Eu malgré
- l?interdiction du Pape Léon IX

1050 - Guillaume est excommunié par le Pape parce qu?il épouse sa cousine (cousins au Vème degré)

1054 - Il arrête l?armée française à Mortemer

1057 - Bataille de Varaville (Guillaume met en fuite les soldats d?Henry 1er, Roi de France)

1059 - Après une habile négociation menée par Lanfranc, prieur du Bec-Hellouin, Guillaume fait entreprendre la construction de deux abbatiales à Caen afin de se réconcilier avec le Pape. Il s?agit de l?Abbaye aux Hommes et de l?Abbaye aux Dames.

1066 - Mort du Roi d?Angleterre, Edouard le confesseur, cousin de Guillaume. Le conseil du roi choisit Harold comme successeur. Ce dernier malgré sa promesse à Guillaume se fit sacré roi d?Angleterre. Dès lors Guillaume le Conquérant était contraint à la guerre?
- Embarquement à Dives le 10 septembre et débarquement le 29 septembre à Penvensey sur la côte Sud-est de l?Angleterre
- 14 octobre : les normands vainquirent l?armée anglaise lors de la bataille d?Hastings au cours de laquelle Harold fut tué
- 25 décembre : Guillaume est proclamé roi et couronné à Westminster
- Débutent alors les croisades et apparaissent les Empires Normands d?Orient

1083 - Décès de la Reine Mathilde

1087 - Mort de Guillaume Le Conquérant. Inhumation à Caen dans l?église Saint-Etienne.
- Ces fils lui succédèrent. Ainsi, Guillaume Le Roux devient Roi D?Angleterre et Robert Courte-Heuse, duc de Normandie.
A suivre ...Mary.




Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mardi 11 décembre 2007 18:20



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Suite du château de Falaise .Et merci aux auteurs anonymes pour cette documentation .






Sur une surface d'environ un hectare, le chateau était relié à l'enceinte urbaine constituée d'une cinquantaine de tours, vingt neuf sont encore visibles. Le chateau est semblable à un bateau dont les deux donjons et la tour Talbot seraient la proue. L'enceinte castrale est constituée de quinze tours, toutes en mauvais, voire très mauvais état. Il y a peu d'ouvertures vers l'extérieur. La porte Saint Nicolas, à l'est, est la plus importante. Ouverte sur la ville, elle est flanquée de deux tours de surveillance. Sur la facade sud, la porte des Champs, également flanquée de deux tours est à l'abandon. A l'angle sud-ouest, la tour de la Reine permettait de surveiller et de controler la vallée de l'Ante. Ses voutes sont aujourd'hui effondrées. Quelques tours sont équipées de plusieurs types de meurtrières : archères verticales, meurtrières avec un trou de tir pour les premières armes à feu, et cannonières horizontales pour le tir de flanquement des canons.



Il est assiégé et occupé pendant la guerre de Cent Ans, jusqu'en 1450. Le siège de la ville ayant créé de sérieux dommages, Henri V, roi d'Angleterre, restaure l'enceinte urbaine de Falaise, et les bâtiments civils et réligieux. La tour Talbot est amménagée (fenêtres, cheminées ...). Pendant les guerres de religion, il est pris une première fois en 1590 par les protestants. La puissance de l'artillerie des troupes de Henri IV, lui permet d'investir rapidement le château. Ce sera le dernier siège, et la fin de La vocation défensive du chateau. Il est dès lors progressivement abandonné. Il fera l'objet d'une première campagne de restauration à la fin du XIX° siècle. Lors de la II° guerre mondiale, Falaise est détruit aux deux tiers par les bombardements de 1944; le chateau est lui aussi sévèrement touché.





à suivre ...Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mercredi 12 décembre 2007 10:36



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Suite,

Toute l'enceinte est en mauvais état...





Des vestiges des batiments situés dans l'enceinte castrale existent encore .



Fin de ce Chapître.
Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mercredi 12 décembre 2007 10:44



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LES AMOURS

DE ROBERT LE MAGNFIQUE ,DUC DE NORMANDIE ET D'ARLETTE ,

Lorsque Richard II, arrière petit-fils de Rollon décède en 1026, son fils aîné Richard III lui succède. Cette succession n'est pas du goût de Robert, son cadet, qui conteste immédiatement cette succession, le contrôle du château de Falaise étant peut être à l'origine de ce conflit. Richard III vient mettre le siège devant Falaise, qu'il enlève. Les deux frères se réconcilient, au moins en apparence, Robert acceptant d'aller placer ses mains dans celles de son frère, marque de l'hommage vassalique par lequel il reconnaissait l'autorité de celui-ci.

La paix avec son frère faite, le duc Richard III rentre à Rouen, où il meurt brutalement vraisemblablement empoisonné. Cette hypothèse d'un empoisonnement, rapportée par Guillaume de Jumièges, est d'autant plus probable que plusieurs des compagnons de Richard II moururent avec lui, tout aussi brutalement. Robert fait conduire immédiatement le fils bâtard de son frère, Nicolas un bébé de quelques mois, à l'abbaye de Fécamp, pour y être ordonné. Robert devient alors le sixième duc de Normandie.

A l'inverse de ses prédécesseurs, il délaisse Rouen, pour résider à Falaise. Si l'on en croit les multiples légendes, ou les témoignages tardifs que Wace et Benoît écriront un siècle plus tard, c'est là que le fougueux duc-chevalier rencontre l'amour en la personne d'Herleua, fille d'un certain Foubert, exerçant la profession de " polinctor " c'est à dire de tanneur ou d'embaumeur (à l'époque, les cadavres étaient enfermés dans un linceul de cuir). La belle Herleua, à laquelle Wace donne le surnom d'Arlot, qui deviendra Arlette, devient sa concubine officielle, sa " frilla " à la mode scandinave, selon un mode d'union qui avait été la règle jusqu'au premier quart du XI° siècle, mais qui n'était plus admis aussi facilement par les autorités ecclésiastiques ? ce qui explique les difficultés que rencontrera Guillaume pour affirmer sa légitimité.

on rapporte que Robert aurait remarqué la jeune fille en tenue fort légère, depuis l'une des fenêtres de son château, lavant du linge dans la petite rivière d'Ante qui coule aux pieds de la forteresse. " Sollicité " par son seigneur et maître, le père d'Arlette ne peut que donner son accord. Arlette a l'intelligence de ne pas se rendre en cachette à ce rendez-vous galant, mais de s'y faire conduire en plein jour, habillée de ses plus beaux vêtements, pour officialiser sa position de concubine.

Manquerais-je de courage ?
Que si le duc à soi me mande
Que mon gentil corps requiert et demande
Que j'agisse comme une mercenaire
Ou comme une pauvre chambrière ?
Ainsi j'irai et c'est tout comme,
En vierge et en fille de prud'homme
Pour mon honneur accroître et pour mon bien,
Et je n'ai vergogne de rien.
Et qu'il voudra, qu'il sache et voie !
(Wace, 1170)

Cette audace pouvait fort bien se retourner contre la jeune fille. Elle devait avoir quelques arguments, car tout se déroula comme elle l'avait prévu :


Une fillette encore pucelle
Qui lui sembla avenante et belle
Menée elle fut à son lit ;
Son bien en prit et son déduit "
Quand, au lit du duc elle fut entrée
De sa chemise enveloppée,
La chemise, sur le devant, était rompue
Et jusqu'aux pieds fendue
Toute se peut abandonner
Sans sa chemise remonter
Demande le duc ce qu'il y avait
Pour avoir ainsi sa chemise déchirée
" Ce n'eut pas été dit-elle de mise
Que le plus bas de ma chemise
Qui sur mes jambes frotte et touche
Soit retroussé jusqu'à ma bouche
Ni ce qui est à mes pieds mis
Soit retourné près de votre visage.
(Wace, 1170)

Guillaume naît peu de temps après en 1027.

Huit ans plus tard, sans avoir totalement consolidé son pouvoir, Robert part en pèlerinage en Terre Sainte. Il meurt sur le chemin de retour, en 1035, vraisemblablement à Nicée. Avant son départ, il fait reconnaître Guillaume, comme son héritier, en faisant prêter serment à ses vassaux, ce qui n'aurait été accepté dans aucune des autres principauté du royaume. Mais nous sommes en Normandie, les coutumes scandinaves sont encore vivaces, même si elles sont déjà beaucoup moins présentes : " Je n'ai enfant ni héritier, sinon le fils que voici. Si vous l'acceptez, je vous le donnerai. Il sera sous la protection du roi de France. Il est jeune, certes, il grandira, avec l'aide de Dieu, et deviendra fort. "

Arlette donnera également une fille à Robert, Adelaïde, future comtesse d'Aumale. Ne pouvant faire d'Arlette son épouse légitime, du fait de son rang inférieur, Robert se décide de la donner en mariage vers 1030, à l'un de ses plus fidèles serviteurs, Herluin de Risle. De cette union naîtront deux fils, Odon, futur évêque de Bayeux, et Robert, futur comte de Mortain, qui seront et resteront les deux plus fidèles soutiens du Conquérant. Ils seront de tous ses combats, de toutes ses aventures. Le rôle de Robert sera déterminant lors de la bataille d'Hastings.
Bonne lecture.Mary.
hobie
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Envoyé le: mercredi 12 décembre 2007 10:46



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Bonjour Maryvonne et toute la file,sa faisait longtemps..............

Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mercredi 12 décembre 2007 18:19



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:bisou: Hobie ,c'est toujours un plaisir de te retrouver ici.
Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: jeudi 13 décembre 2007 21:18



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CHÂTEAU SUR EPTE





(d'après Jean Mesqui, "Châteaux Forts et fortifications en France", Flammarion, 1997)



Château sur Epte faisait partie, avec Gisors, Neaufles Saint Martin, Baudemont, La Roche Guyon, etc ... des châteaux édifiés par les rois-ducs anglo-normands sur les bords de l'Epte pour contrôler la frontière entre la Normandie et le royaume de France.

Château sur Epte a été fondé en 1087 par Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant. Il a conservé encore de nos jours sa structure initiale datant du XI° siècle, une grande plate-forme entourée de fossés, circulaire d'environ 70 mètres de diamètre. Un ensemble motte / basse-cour tronconique de près de 50 mètres de diamètre au sol est implanté sur le raccordement avec le plateau. Primitivement cet ensemble était entouré d'une palissade et couronné d'une tour en bois.


Maryvonne.Q3
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Envoyé le: jeudi 13 décembre 2007 21:25



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Suite ...

HISTORIQUE




Sur la rive française de l'Epte, Saint Clair sur Epte était une des pièces maitresses de la ligne fortification française face à la ligne de défense normande. La situations stratégique du chateau, qui faisait face à la forteresse normande de Chateau sur Epte, en contrebas dans les marais n'était pas fameuse.


Comme la plupart des autres forteresses normandes, ce chateau s'écroule année après année, lentement, dans l'indifférence la plus totale. Le chateau de Saint-Clair sur Epte, comme son voisin de Neufmarché, n'interesse personne semble-t-il.

Nous n'avons rien trouvé sur ce chateau, son histoire, son architecture, sa topographie. Toutes les informations le concernant sont bienvenues.
à suivre...Mary.
Lord-Viking
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Envoyé le: vendredi 14 décembre 2007 07:19


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Ooooooooooooh, je retrouve enfin des compatriotes nordiques Jump
J'en ai des frissons de parcourir toutes ces pages, mais, je n'ai pas tout lu...beaucoup trop long!!!!!
Ca, c'est une file où je vais me sentir comme chez moi et je pense que c'est ici qu'on pourra m'aider à retrouver mes racines profondes.
Seigneur des Terres Nordiques
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: vendredi 14 décembre 2007 18:26



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Bonjour Lord-Viking ,merci d'apprécier ce site.



Au sommet de la motte se trouve une tour maitresse circulaire très délabrée, datant de la première moitié du XII° siècle. Elle est entourée d'un mur circulaire percé de minuscules meurtrières originales, vraisemblablement tardives. Elle possédait un niveau noble, décoré d'arcatures romanes. Une vis fût ajoutée dans l'épaisseur du mur à la fin du XII° siècle. Un demi-niveau fut rajouté au XIV° siècle. Il est percé d'une fenêtre rectangulaire surmontée d'un trilobe.





La basse-cour a été ceinturée au XII° siècle par un mur percé de deux tours-portes rectangulaires à contreforts plats. Les portes sont en arc brisé, celle du plateau conservant les traces d'un décor sculpté. Le mur escaladait les flancs de la motte pour rejoindre son sommet.

Bonne lecture,Mary.

Maryvonne.Q3
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Envoyé le: samedi 15 décembre 2007 07:19



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Suite












A l'intérieur de la basse-cour, fût délimité un ensemble fortifié, fortifié par une muraille interne rattachée à la motte. L'entrée était controlée par une tour-porte du XII° siècle de même facture, qui fût doublée au XIV° siècle par un avant-corps pour pont-levis. A flanc de la motte, un autre mur également percé d'une tour-porte de même facture divisait la cour en deux parties. on peut observer une archère à niche donnant sur l'extérieur.


Château sur Epte est un excellent exemple pour la compréhension d'un château primitif, remodelé sous le règne de Henri II Plantagenêt.


ROLLON

le Traité de Saint-Clair sur Epte (911)





Un peu avant 910, Rollon, un chef de guerre viking, déjà très célèbre pour ses multiples raids en France, lancés à partir de son repaire dans l?embouchure de la Seine, subit plusieurs échecs cuisants en Bourgogne et dans le Nivernais. Pour les effacer et prendre ainsi sa revanche, Rollon et ses vikings anglo-danois, remontent l?Eure pour entreprendre le siège de Chartres. L?intervention de Robert, duc de France, et de ses alliés, Richard le Justicier, duc de Bourgogne, de Manassès Comte de Dijon et de Ebles-Mancer Comte de Poitou, transforme cette nouvelle attaque en désastre. La ville est dégagée en 911. Rollon réussit néanmoins à regagner ses bases arrières en Basse Seine. De longues négociations débutent, les vikings comprenant qu?après les premières phases du pillage puis de l?imposition forcée, ils leurs fallaient maintenant passer à la phase de la colonisation, s?ils ne voulaient pas être rejetés des territoires qu?ils contrôlaient encore.

Le seul récit de la rencontre entre Charles le Simple et Rollon a été rédigé un siècle plus tard, entre 1015 et 1026, par Dudon de Saint Quentin. Ce récit, s?il est donc contestable, demeure cependant la seule source historique de l?acte de naissance de la Normandie.

Les négociations entre Normands et Francs furent conduites par Francon, archevêque de Rouen. La rencontre décisive eut lieu à Saint-Clair sur Epte. D?un coté le roi de France Charles le Simple en personne. A ses cotés Robert duc de France, le vainqueur de Rollon à Chartres, entourés de la plupart des grands du royaume franc et de nombreux ecclésiastiques. De l?autre Rollo (Rollon) dont le nom scandinave était probablement Hrôlf, accompagné de ses compagnons et guerriers.


Les invasions normandes

Rollon met ses mains dans les mains de Charles le Simple, et par ce geste symbolique dans la tradition francque, se place volontairement dans la dépendance du roi qui devient son seigneur. En échange, le roi lui accorde la main de sa fille Gisèle - signalons que Rollon était déjà marié « à la danoise » avec Popa, fille du comte Bérenger, comte de Bayeux, et future mère de Guillaume Longue Epée. Il obtient également et surtout la terre située entre l?Epte et la mer pour qu?il la tienne « in alodo et in fundo », en alleu et propriété. Il recevait de plus toute la Bretagne pour qu?il puisse en tenir de quoi vivre.

La cérémonie risqua alors de tourner court. Rollon, qui n?était pas encore baptisé ne pouvait donc pas prêter serment à son nouveau suzerain. Les évêques présents, demandent alors à Rollon d?embrasser le pied du Roi. Rollon refuse tout net ce geste qui marquerait de façon aussi évidente son état d?infériorité vis-à-vis de la couronne royale. « Jamais je ne plierai les genoux devant ceux de quiconque et je n?embrasserai le pied de personne ». on trouve alors un stratagème : L?un des hommes de Rollon est désigné pour embrasser le pied du roi à sa place. Le guerrier viking se saisit du pied du roi, le porte à sa bouche de telle façon que le roi tombe à la renverse. Un silence atterré fait immédiatement. C?est la stupeur, c?est la consternation. Le geste est irréparable. Mais le Charles le Simple qui tient vraiment à parvenir à un accord pour garantir la sécurité de ses marches de l?ouest, éclate de rire, un rire reprit par toute l?assistance. L?accord est sauvé.

Les grands féodaux prêtent alors serment à Rollon « qu?il tiendrait et posséderait la terre ainsi délimitée, qu?il la transmettrait à ses héritiers et qu?il l?aurait et la cultiverait pour toujours, pour lui-même et ses descendants de génération en génération. ». Peu de temps après, en 912, Rollon est baptisé par Francon, et prend le nom de son parrain Robert duc de France. Puis ses compagnons, ses guerriers et son armée toute entière sont également baptisés. L?analogie avec la cérémonie fondatrice de l?empire franc, le baptême de Clovis et de ses guerriers, est évidente.

Les limites du domaine que Rollon reçoit en pleine propriété, ne sont pas très claires. Rollon reçoit une terre « bretonne », la partie occidentale de la province de Rouen, que Charles le Chauve avait déjà concédée aux Bretons en 867, en échange de la protection de ses terres contre les envahisseurs normands .

D?après les sagas islandaises, Rollon était fils d?un jarl (comte) de la région de Möre en Norvège. Contraint de quitter son pays, Rollon se réfugie en Angleterre où avec sa maigre troupe renforcée par des anglo-danois du roi d?Angleterre, le saxon Alfred le Grand (871-899), il commence une carrière de pillard, et s?installe pour ce faire dans l?embouchure de la Seine dès 876.

Rollon respectera scrupuleusement son contrat avec le roi de France. Les incursions vikings cessèrent, mais il ne pût s?empêcher d?aller de temps à autre pratiquer quelques pillages en Flandre voisine, à tel point que le comte de Flandres vint assiéger la place d?Eu, sur la frontière nord de la Bresle pour répliquer à ces attaques. Il meurt vers 932-933 et est enterré dans la cathédrale de Rouen.
Bonne lecture! Mary.





Maryvonne.Q3
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Envoyé le: dimanche 16 décembre 2007 10:06



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CHATEAU GAILLARD,






La construction de Chateau Gaillard représente l'ultime tentative de Richard Coeur de Lion pour protéger Rouen et la Normandie des ambitions territoriales de Philippe Auguste. C'est l'un des derniers jalons de la créativité de l'architecture Plantagenet en France, mélange particulièrement réussi des acquis en provenance du Proche Orient et des évolutions castrales des XI° et XII° siècles. En moins de deux ans (1197 - 1198), Richard construit sur un site exceptionnel, l'ouvrage militaire le plus avancé de son époque.

La forteresse s'adapte parfaitement à la configuration escarpée du site. Les défenses sont échelonnées, s'emboitant les unes les autres : tout d'abord une bastille (barbacane) avancée ou chatelet, formant bouclier à l'avant du seul front vulnérable, puis l'enceinte du corps principal, la chemise du donjon épaissie de tourelles en segment de cercle presque contigues les unes aux autres, et finalement le donjon, ovoïdal, projetant un éperon vers le front d'attaque. L'essentiel du site occupe un piton rocheux dominant la Seine d'environ 100 mètres.

Plan du château


Vue du château


Maquette



Le châtelet, de forme triangulaire, fait face au seul point d'accès praticable du rocher, défendant ainsi l'ensemble de la forteresse. Il devait être relié à la première enceinte du château par un pont de bois relevable, franchissant un fossé séparant les deux constructions. L'ensemble mesure environ 46 mètres de long sur 34 mètres à la base. Au sommet de ce triangle, face à la seule langue de terre permettant un accès aisé au chateau, se trouve la Grosse Tour, ou Tour Saint Jacques ou Tour de la Monnaie, qui fut sans doute reconstruite après le siège de 1204. De là partent les courtines latérales renforcées de deux petites tours, qui viennent se raccorder aux deux tours formant la base du triangle. Un profond fossé d'une dizaine de mètres de large sur douze de profondeur entourait complètement ce premier ouvrage.
à suivre... Mary.
Charly.1
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Envoyé le: mardi 18 décembre 2007 00:40


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bonjour les Vikings
alors Mary,meme avec ce froid ,tu es encore chez les North Men?tu vois,je viens de lire que leur nom venait de "vikingligr"qui veut dire"qui va à l'aventure",comme leur bateau,c'etait un "Knörr"comme le marchand de soupe,il s'est transforme par les chroniqueurs de langues latines qui parlaient de "drago"ou dragon,par rapport a la proue sculptee des navires
maintenant,vite les pieds au chaud,sinon la truffe va etre trop chaude
joyeux noel

Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mardi 18 décembre 2007 21:06



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Merci Charly pour ces renseignements que j'ignorais ! Mais je préfère le nom drakkar à knörr,qui fait trop penser à la soupe !Very Happy
Je vais me remettre au chaud car la truffe est chaude et j'ai une bonne crève ,la suite de Château-Gaillard ce sera demain.
:bisou:bonne nuit.Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mercredi 19 décembre 2007 18:39



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Suite de Château gaillard,





L'enceinte principale adopte un plan polygonal flanqué d'au moins trois tours circulaires et d'une tour rectangulaire. Deux puissantes tours font face au Chatelet. Elles sont reliées entre elles par une puissante muraille, et sont prolongées sur le versant Sud Ouest face à la Seine, par une muraille d'abord en ligne droite entre les tours, puis par des brisures sur les saillies de roche jusqu'à un bastion avancé de forme trapézoïdale ajouté par Philippe Auguste pour controler l'accès depuis la vallée. Dans cette première enceinte se trouvait notamment un puits, des caves à provisions pour siège et un batiment d'environ 30 mètres de long sur 8 de large, à deux niveaux : Des magasins et des celliers au premier étage; au dessus une chapelle construite par Jean Sans Terre l'année précédant le siège. C'est vraisemblablement par l'une des fenêtres de cette chapelle devenue le point faible de l'ensemble castral, que quelques uns des soudards de Philippe Auguste surprirent les assiégés.




A suivre...Mary.
Maryvonne.Q3
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Envoyé le: vendredi 21 décembre 2007 18:37



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Suite...

La deuxième enceinte, comprenant le donjon et les quartiers du gouverneur, se distingue par un relief bosselé, formidable innnovation technologique, permettant des tirs croisés sur l'assaillant. La muraille est constituée de 19 arcs de cercle de 3 mètres d'épaisseur pouvant avoir jusqu'à 10 mètres de haut sur la partie en ellipse. La base de cette muraille prend naissance sur le roc lui même. Contrairement à l'habitude d'alors, les portions cylindriques du bosselage ne descendent pas jusqu'en bas mais s'élargissent sur un premier chanfrein que continue un arc de cône : au fur et a mesure de la descente, les troncs de cône se rapprochent, interdisant la présence de sapeurs ou d'une attaque rapprochée. Il s'agit là d'une application "prémonitoire" de la géométrie descriptive telle qu'elle sera développée deux siècles plus tard par Leonard de Vinci, ou plus vraisemblablement de l'exploitation des travaux des mathématiciens géomètres arabes appliqués à l'architecture militaire.






La porte est située sur le flanc nord-ouest, son seuil est à deux mètres de la contrescarpe du fossé. Elle est munie conventionnellement d'un pont levis fermé par une herse et des vantaux. Elle est masquée, ce qui obligeait les assaillants qui auraient pu pénétrer à l'intérieur de la première enceinte, d'attaquer en prêtant le flanc aux courtines bosselées. Cette innovation majeure, qui rendait la deuxième enceinte et le donjon pratiquement inexpugnable ne sera pas exploitée par les anglo-normands lors du siège de 1204.

A l'intérieur de cette seconde enceinte se trouvait le logis du gouverneur, disposé sur deux niveaux. Chaque étage se composait de deux pièces, recevant le jour par des fenêtres à arcades, munies de banquettes de pierre, donnant sur la Seine, ce qui peut surprendre au sein d'une place forte, mais qui s'explique ici par le fait que la muraille longe le précipice par lequel un assaut était impossible. Le logis du gouverneur communiquait avec l'extérieur par un escalier puis un souterrain. Sous le logis du gouverneur se trouve une crypte d'environ 10 métres sur 5 mètres et dont la tradition veut qu'elle eut servi de prison à la fille adultère de Philippe le Bel, Marguerite de Bourgogne, épouse du futur Louis X le Hutin.



Le donjon de 8 métres de diamètre intérieur et d'une épaisseur de 4,50 mètres, est construit sur un massif plein pour éviter l'effondrement d'une sape ou d'une mine. Il est constitué de quatre niveaux superposés : rez de chaussée avec salle ronde, premier étage au niveau des machicoulis éclairé par deux fenêtres donnant sur le précipice. Au dessus un étage où étaient entreposés les projectiles. L'étage supérieur, crénelé et surmonté d'un toit conique pour commander le chemin de ronde, pouvait servir d'observatoire. Les étages communiquaient entre eux par des escaliers en bois.

Le donjon est engagé dans le mur sud du chateau. Il est circulaire sur les trois quarts de son développement pour se terminer par un eperon triangulaire, dirigé vers le front des assaillants éventuels. Ses murs étaient couronnés par des mâchicoulis en pierre, reposant sur des assises en fuseau, adroitement combinées avec le port conique de la tour. Ils sont en porte-à-faux, s'appuyant sur des arc d'ogives aveugles portés par des contreforts, larges au niveau des arcs, puis descendant en fuseau sur la partie basse, conique du donjon. on retrouve ce type de machicoulis en porte-à-faux sur la tour carrée de l'enceinte intérieur du Krack des Chevaliers au Liban.
L'entrée actuelle a été percée à la fin du XIX° siècle pour permettre à la Duchesse de Montpensier d'accéder sans difficulté à l'intérieur du donjon !

A Suivre...Mary.
MAG M2
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Envoyé le: samedi 22 décembre 2007 09:58



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bravo bravo bravo magnifique lesture ,images tres interessantes....M JARNIGON.
Dept.35.Pipriac,Lieuron...... JARNIGON/GERNIGON/JERNIGON/GARNIGON/DENIS/GAYET/BESNARD/PROVOST/
COUE/JAN/LEBRETON/GERARD/HELIGON/JOUADE/BAUDU/BODIGUEL/BOUGEARD/MAIGNAN/ROCHER/GEFFRAY (OY) BRAULT/PORTAL/ROGER/LEBRETON/COUDRAY(is)/BOUTEL(BOUETEL)/COIGNARD/(cognar)((COGNARD)(T)/MOISON/LELIEVRE/BOULAIS.SAQUET COTTAIS....Accard.Pitrou.Guibet(calvados)

Maryvonne.Q3
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Envoyé le: mardi 25 décembre 2007 17:55



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Fin de Château Gaillard,

A l'avant, la face ouest de l'éperon rocheux descend abruptement vers la Seine. L'enceinte en ligne brisée exploite toutes les infractuosités du terrain. Elle se noue sur un bastion avancé et sur une tour qui protège une poterne s'ouvrant sur le chemin de ronde. A mi hauteur de la falaise, une tour qui subsiste encore était complétée par une muraille descendant jusqu'à l'estacade de bois qui barrait le fleuve.
Pour achever ce dispositif defensif, Richard Coeur de Lion fit construire deux forts, plus petits, le fort de Cleri, à 1 km environ sur le plateau qui domine le promontoir, et le fort de Boutavant, entre Bouafle et Tosny, à environ cinq kilomètres, sur une île de la Seine. De plus, trois rangées de madriers barraient la Seine, pour interdire toute attaque navale venant de l'amont.

Sept ans à peine après sa construction, Chateau Gaillard est enlevé par les troupes de Philippe Auguste. Le siège ne dure que quelques mois. Mais Richard Coeur de Lion est mort peu de temps avant devant Chalus, à la recherche d'un trésor qui n'existait pas ... Philippe Auguste fait relever la forteresse, dont l'importance stratégique ira déclinant.

En 1314 elle sert de prison aux filles adultères de Philippe le Bel, Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X le Hutin, et Blanche de Bourgogne, épouse de Charles IV le Bel. Pendant la Guere de Cent Ans, en 1419, Thomas, Duc d'Exeter prend le chateau après un siège de seize mois. Il sera repris par Le Hire, en 1431. Les Anglais le reprennent peu après. Ils en seront définitivement chassés en 1449 après un siège de cinq semaines. Chateau Gaillard, la forteresse invicible n'aura résisté à aucun siège !

Henri IV fait raser le chateau, à l'exception du donjon qu'il voulait conserver. En 1629, une ordonnance de Richelieu prescrit la démolition des chateaux situés à l'intérieur du Royaume. Cette mesure fut appliquée sans délai à Chateau Gaillard.
Bonne lecture.Mary.

MAG M2
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Envoyé le: jeudi 27 décembre 2007 23:18



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bravo bravo bravo bravo bravo maguy.
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Maryvonne.Q3
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Envoyé le: vendredi 28 décembre 2007 12:04



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Merci Maguy c'est gentil comme tout ! Mary.
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Envoyé le: vendredi 28 décembre 2007 19:31



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LE CHÂTEAU DE CAEN



SON HISTOIRE
La naissance du château au XIème siècle

Les recherches archéologiques récentes ont montré que le site de Caen avait connu une occupation protohistorique marquée par des sépultures, et par des noms de lieux dont Cattumagos (le champ de bataille) à l'origine du nom même de Caen. Aux premiers siècles de notre ère, une implantation romaine aurait existé sur le site même de Caen, vraisemblablement à l'emplacement actuel de l'abbaye de Saint Etienne.

Il faut attendre le début du Xième siècle pour voir apparaître le nom de Caen dans des textes, tout d'abord dans un acte du duc Richard II, vers 1025, puis dans un deuxième acte de Richard III (1026 / 1027). Ces textes donnent de Caen l'image d'abord d'un grand domaine rural, semblable aux villae romaines, puis d'une agglomération située de part et d'autre de l'Orne. Le statut juridique et protecteur de " bourg " lui est acordé, permettant l'arrivée de nouveaux habitants et la fusion des implantations proto-ubaines. C'est cependant Guillaume, septième duc de Normandie, encore dénommé le Batard avant de devenir le Conquérant, qui vers 1050, donne le vrai départ à la ville de Caen

Après sa victoire militaire sur les conjurés qui contestait sa légitimité de duc de Normandie, Guillaume consolide cet acquit par un succès politique en réunissant à Caen, en 1047, un concile de paix. C'est vraisemblablement à cette occasion qu'il va prendre la décision de faire de Caen sa ville ducale.

Maquette 1





Les premiers élements d'une grande forteresse se mettent en place rapidement sur la colline qui domine la vallée marécageuse où coule l'Orne. C'est une vaste enceinte de 5 hectares environ, prenant la forme d'un éperon, séparée du plateau calcaire qui s'étend au nord par un profond fossé. Guillaume le Conquérant fait édifier une muraille de pierre à la place de la palissade de bois qui l'aurait précédée. Pas encore de tours de flanquement, mais à son sommet des hourds de bois, les " garites ", surplombant le fossé. L'accès au château se fait par le nord, où l'on a découvert les vestiges d'une tour, vraisemblablement une tour-porte, incluse dans un batiment de plan carré, percé au rez-de-chaussée d'un passage vouté. Cette tour était l'élément militaire le plus important du dispositif de défense à l'époque de la création du château.

Le duc fait construire sa résidence à l'intérieur du château, au nord ouest, non loin de cette tour-porte. Son palais est séparé du reste du château par un mur interne. Il est composé d'une salle (aula), d'une chapelle (capella) et d'appartements privés (camerae). Des services, cuisine, paneterie, laiterie, buanderie complètent cet ensemble. La salle principale mesurait 16 mètres de long sur 8 mètres de large. Les murs ont une épaisseur de 0.80 mètre. Les vestiges d'un escalier à vis laissent supposer l'existence d'un étage. A quelques mètres au sud, se trouvait une chapelle palatine dédiée à Saint Georges, que l'on ne doit pas confondre avec l'église Saint Georges qui existe toujours, et qui se trouve plus au sud en face de l'actuel Logis des Gouverneurs.

Pour Guillaume, le château est avant tout une demeure princière. Les exigences de l'époque ont fait qu'il l'a doté d'un système défensif militaire.
A suivre...Mary.
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Envoyé le: samedi 29 décembre 2007 14:14



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Suite du Château de Caen

Le chateau au XIIème siècle


Au début du XIIème siècle, vers 1120, Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre depuis 1100, fait édifier la salle de l'Echiquier et le donjon. Le donjon est une tour de plan légérement rectangulaire de 27,40 mètres selon l'axe est/ouest , sur 24 mètres selon l'axe nord/sud. Les murs ont 4,40 métres d'épaisseur. Ils sont munis dans les angles et au milieu de chaque face de contreforts plats à double ressaut, comme il est habituel pour les édifices militaires normands de cette époque. Il devait avoir une trentaine de mètres de haut. Quatre niveaux, le premier au rez de chaussée est complètement aveugle pour des raisons de sécurité. on y entreposait les vivres et les armes, ainsi que le trésor ducal et royal quand le duc-roi y séjournait. Le deuxième étage était l'étage noble séparé en deux parties inégales par le mur de refend. Au sud, la grande salle ; au nord les appartements privés. Le troisème étage était réservé à la garnison du donjon. Au quatrième, la plateforme est composée du chemin de ronde protégé par le crénélage, et des deux parties de la toiture. L'accès se fait par le flanc sud occupé par un avant-corps. La communication entre les étages se faisait par des escaliers compris dans l'intérieur des murs ou par des escaliers intérieurs en bois.


Le château de Caen ne sera pas modifié jusqu'à la guerre de Cent Ans, où il subira un siège français (1450) et deux sièges anglais (1346 et 1417) mais ne sera jamais pris d'assaut.

L'ensemble palatial construit par Guillaume le Conquérant, puis Henri 1er Beauclerc, perd peu à peu de sa splendeur, même si des travaux de restauration sont entrepris périodiquement. Les représentants du nouveau pouvoir royal s'installent à partir de 1338 dans le "Logis du Roi". Profondément remanié au XVIIème siècle le "Logis du Roi", dit également "Logis des gouverneurs", abrite aujourd'hui le Musée de Normandie.
A suivre ...Mary.
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Envoyé le: vendredi 4 janvier 2008 18:05



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Suite et fin " Château de Caen"

La guerre de Cent Ans


Le siège de 1346 provoque un tel traumatisme que le chateau va être une nouvelle fois remodelé.

A l'emplacement de la porte primitive au nord, un pont relie le donjon à l'espace découvert dit " la Garenne " où se trouve maintenant l'Esplanade de la paix. Ce pont est défendu par une petite barbacane aujourd'hui disparue. Au sud, une véritable porte fortifiée munie de deux tours est substituée à l'antique petite poterne. Une barbacane, la barbacane Saint Pierre y est ajoutée entre 1438 et 1445. Ce dispositif a été profondément remanié en 1804. Une barbacane est également construite pour protéger la porte des Champs. Détruite lors des bombardements anglo-américains de 1944, cette barbacane a été recontruite à l'identique.

Les trois tours rectangulaires qui dominent la rue de Geole remontent vraisemblablement à Henri 1er Beauclerc. Elles sont couvertes de toitures à quatre pans en bois. on y substitue vers 1386, des couvertures en ardoise. Les deux tours circulaires attribuables au règne de Philippe Auguste, renforçant la jonction entre le mur d'enceinte de la ville et le château, existent toujours. Ce sont la tour de la reine Mathilde, presque dans son état initial et la tour Puchot, qui a subi de nombreux remaniements. Les huits autres tours de l'enceinte datent de la phase de construction qui suivit le siège de 1346.

Après le bombardement anglais lors du siège de 1417, l'église romane Saint Georges construite par Guillaume le Conquérant est reprise Les fenètres romanes à ébrasement intérieur sont condamnées. on y substitue de grandes fenètres de style " modérement flamboyant ". La nef est recouverte d'une charpente dissimulée par un lambris. Un clocher en bois est vraisemblablement ajouté à cette époque. Au XVème / XVIème siècles, le ch?ur, la petite chapelle adjacente à la nef coté sud et le portail sont reconstruits.

La forteresse endormie.


De 1450 à 1870, le château de Caen ne joue plus aucun rôle militaire. Les tragiques évenements qui marquent l'histoire de France du XVème siècle au XIXème siècle ne l'affectent pas ? jusqu'en 1793, date de la funeste décision de la Convention qui comme pour beaucoup d'autres monuments religieux ou militaires, veut effacer les témoins du passé. Par décret du 6 août 1793, la Convention ordonne que " le donjon et le château de Caen, dans lesquels la liberté et la représentation nationale ont été outragées, seront démolis : sur les ruines du donjon, il sera planté un poteau sur lequel seront inscrits les noms des députés déclarés traitres à la patrie. " Le 17 août 1793, la démolition commence, malgré les protestations des caennais. En 1805, l'entrée Saint Pierre est restaurée, mais le donjon est rasé presqu'en totalité.

Le château s'endort à nouveau et n'est plus regardé que comme une ruine romantique. Les remparts disparaissent masqués par les maisons qui poussent un peu partout.
Mary.
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Envoyé le: samedi 5 janvier 2008 19:31



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LE CHATEAU DE BAUDEMONT




Situé sur l'Epte, en aval de Chateau sur Epte et de Gisors, Baudemont devait faire partie du système défensif construit à la frontière entre le Royaume de France et la Normandie, pour défendre la province ducale des ambitions territoriales du roi de France , Philippe Auguste.

Tous les quatre à cinq kilomètres, tout le long de l'Epte, on peut en effet trouver, soit les ruines d'une forteresse normande soit un chateau construit au XVII-XVIII° siècle sur les restes de l'une de ces forteresses.

L'état de Baudemont ne fait pas exception. Comme toutes les forteresses normandes de la région, Baudemont est à l'abandon et s'écroule lentement.




Maryvonne.Q3
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Envoyé le: samedi 5 janvier 2008 19:50



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LE CHATEAU DE COURCY




Sur le bord d'un affluent de la Dives, le chateau de Courcy, XIIème et XIIIème siècles, est une grande enceinte prenant la forme approximative d'un carré, protégée par des fossés alimentés en eau par un ruisseau, nommé le Douet de Houle et par d'épaisses murailles, de dix mètres de hauteur environ et d'un mètre soixante-dix d'épaisseur, renforcées à l'origine par douze tours. Il ne subsiste que neuf tours rondes et une tour carrée. L'une d'elles, plus grosse, jouait le rôle de "donjon". L'entrée au sud-ouest est défendue par deux tours rondes, qui l'encadrent. A l'extérieur, le rempart et les tours forment un talus à leur base. Les murs sont construits en petits moellons de pierre calcaire.

Le château fort est caractéristique du XIIIème siècle, notamment par la succession de trois enceintes défensives, l'adoption, pour la dernière enceinte, d'un plan polygonal régulier, flanqué de tours circulaires et la présence d'un talus de base.

A l'origine, il comprenait trois enceintes. L'enceinte extérieure, dont il ne reste plus de traces, englobait le village. Elle était défendue par des fossés, peut-être même par des palissades. La deuxième protégeait la basse-cour. Quelques vestiges sont conservés: la porte d'entrée du XIIIème siècle dont les rainures du pont levis sont encore visibles, et les traces des fossés que l'on peut deviner dans la voirie communale. Les tours ont été démolies à la fin du XVIIIème siècle. La troisième et dernière enceinte constitue le château proprement dit. Elle a été endommagée dans la première moitié du XVIIème siècle, lorsque le cardinal de Richelieu ordonne la destruction de la forteresse. Les agents de ce dernier font alors sauter les murs et les tours à la poudre, ne provoquant finalement que des brèches. A la suite de ces événements, le château est abandonné et abrite aujourd'hui une exploitation agricole.

Cependant, certaines parties de la forteresse sont plus anciennes et semblent remonter au XIIème siècle : la chapelle Sainte-Catherine, aménagée dans un tour sud-est de l'enceinte, la partie basse des murs, à proximité de la chapelle, appareillée en arête de poisson et la tour carrée, dans le rempart nord-est. La tour carrée, en mauvais état, est probablement aussi du XIIème siècle. Elle est constituée d'un blocage épais d'un peu plus de deux mètres d'épaisseur. A l'intérieur, des trous carrés, situés à trois ou quatre mètres du sol, recevaient sans doute l'extrémité des poutres d'un plancher.

Le château fort de Courcy, pour l'essentiel du XIIIème siècle, mais dont les vestiges les plus anciens datent de l'époque romane, témoigne des profonds changements, qui s'opèrent entre l'architecture militaire du XIIème siècle et celle du XIIIème siècle.

Ces vestiges sont gravement mis en péril par l'exploitation agricole qui y est implantée .



A quelques dizaines de mètres du chateau, les ruines d'une double porte de la troisième enceinte qui entourait tout le village.





MAG M2
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Envoyé le: dimanche 6 janvier 2008 01:16



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Maryvonne.Q3
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Envoyé le: dimanche 6 janvier 2008 19:53



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Merci Maguy!

Le château de Crèvecoeur en Auge,




Entre le XI° siècle et le XVI° siècle, le chateau de Crevecoeur a été la place forte essentielle de la défense du pays d'Auge. Jean de Crèvec?ur est le plus ancien propriétaire connu, en 1195. Un seigneur de Crévec?ur est cité pour avoir participé à la bataille d'Hastings aux cotés de Guillaume le Conquérant. Pendant la guerre de Cent Ans, le chateau sera tantôt entre les mains des anglais, tantôt entre les mains des français. Il sera ensuite l'un des enjeux locaux entre les seigneurs qui l'occupent et le pouvoir royal.

Il est aujourd'hui la propriété de la Fondation Schlumberger, et abrite plusieurs musées dont l'un est dédié à l'aventure industrielle des frères Schlumberger, puis du groupe Schlumberger, leader mondial de la prospection pétrolière. La Fondation Schlumberger y conduit une politique remarquable de restauration et d'animation culturelle, que l'on peut citer en modèle.

Ce chateau est l'exemple unique d'une petite seigneurie miraculeusement conservé. L'enceinte bien que partiellement restauré n'a pas encore été remise dans son état original. Les parties en bleu de la maquette (ci dessous) correspondent aux parties "manquantes".



A l'intérieur de l'enceinte se trouve la demeure seigneuriale, datant du XV° siècle, constituée principalement d'une vaste salle à manger. Un décor reconstitue intelligement l'époque : sur la table sont posés des couverts et des mets d'époque, cruches à eau et à vin, plateaux et coupes de fruits, miches de pain ... Dans la cheminée ont été disposés quelqeus outils permettant de faire du feu et de l'entretenir. Une armure complète rapelle que la taille des hommes au Moyen Age était en moyenne d'à peine 1.60 m.





Contrairement aux habitudes de l'époque qui voulait que la chappelle castrale se trouve à l'intérieur de l'enceinte, celle-ci se trouve à l'extérieur de l'enceinte, cette particularité s'expliquant par l'exhiguité du chateau proprement dit. Elle a été construite en pierre de Caen. La porte d'entrée se caractérise par un arc en cintre à décor en dents de scie. La charpente à la forme d'un berceau renversée. Dans le choeur, on peut encore voir quelques restes de peintures murales datant du XIII° siècle.


A l'extérieur de l'enceinte se trouve trois autres batiments du XV° siècle remarquablement restaurés, dont un colombier du XV° siècle et la ferme du chateau. Ce batiment contient le miusée consacré aux techniques d'architectures à pan de bois dites "à colombages" traditionnellement utilisées dans tout le pays d'Auge.
bonne lecture Mary.





Maryvonne.Q3
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Envoyé le: jeudi 10 janvier 2008 20:59



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CHATEAU DE FAUGUERNON,



L'histoire du chateau est liée à celle du fief de Fauguernon, baronnie puis vicomté, qui fût l'un des plus grands de Normandie. Son existence est attestée dès le IX° siècle, à la suite des pillages effectués par les Normands. La forteresse appartient aux Toustain de Bastebourg au X° siècle, puis au XI° siècle à Bertrand de Roncheville. En 1147 le chateau est pris par Geoffroy Plantagenêt, qui le démantèle. Il est ensuite reconstruit, et occupé par les anglais pendant la guerre de Cent Ans. Il est le témoin de la réddition de Lisieux en 1449, par Thomas Basin. La forteresse est à nouveau démantelée en 1590 par le duc de Montpensier, gouverneur de Normandie. Il appartiendra ensuite successivement aux familles de Dreux-Brézé, de Mire puis au Comte de Nonant. Les Prussiens l'ont occupé pendant la guerre 1870-1871.

L'enceinte intérieure était formée d'épaisses murailles renforcées de sept tours. Ele est construite sur un éperon rocheux et entourée de profonds fossés. Le tracé de cette double enceinte et du donjon sont visibles dans les ruines actuelles. Des amorces de voutes en plein cintre et des chapitaux romans à l'étage ont subsisté, tandis que la tour placée à l'angle nord-ouest a gardé quelques marches de son escalier à vis.

L'une des tours de défense de l'enceinte a gardé deux salles voutées en cul-de-four. la première est éclairée par des meurtrières fortement ébrasées à l'intérieur. La porte d'accès est ornée d'une mouluration typique du XIII° siècle. Au centre de cette pièce se trouve un puits ouvrant un passage vers la salle basse, appelé aussi "oubliettes".
Mary.




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