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Convoi n°7 pour l'Algérie - Filae.com
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 5 avril 2008 13:38



Inscrit le: 22/08/2004
Messages: 928
Bonjour à toutes et à tous,

Grâce à un internaute, j'ai su il y a quelques temps que mes ancêtres faisait partie du convoi n°7 parti le 2 novembre 1848 à 11h du matin depuis le quai de Bercy vers Chalons-sur-Saône puis Marseille enfin Mers El Khébir.

Je souhaite obtenir si possible cette liste nominative et damned elle ne fait pas partie de celles que détient Camille Sad

Est ce que par chance l'une ou l'un d'entre vous l'aurait ?

Merci merci par avance,

Margaux

m.gilquin@yahoo.fr
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 5 avril 2008 17:22


Inscrit le: 15/03/2007
Messages: 697
Bonjour Margaux

Essaye de voir sur le site de suzette granger, il me semble qu'elle cite ce convoi, avec l'adresse de quelqu'un , c'est un peu vague, masi il y a peut être une chance qui c'est ?

Non héla, je viens d'aller y faire un tour et ce n'est pas le 7 éme convoi, mais le 1 er, erreur de chiffre, une petite erreur !!!
'' A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ''

Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: dimanche 6 avril 2008 13:11



Inscrit le: 22/08/2004
Messages: 928
Bonjour Camille,

hé oui enfin hé non...lol ! Ce convoi est introuvable sur les sites. En revanche, il est au CAOM mais il faut que je trouve quelqu'un qui puisse récupérer la liste...snif...

Je te tiens informé dès que j'ai quelque chose.

Margaux
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: dimanche 6 avril 2008 14:35


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Bonjour

Si tu posais la question à Nicole sur mains tendues, je vous aide au CAOM ?
'' A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ''

Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: dimanche 6 avril 2008 15:29


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Bonjour

Pour infos ! ! !

Calendriers des convois de 1848


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Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: mercredi 9 avril 2008 01:19



Inscrit le: 22/08/2004
Messages: 928
Bonsoir Camille,

Je ne sais pas pourquoi je ne reçois pas les alertes aux nouveaux messages.

merci merci pour ton envoi du calendrier. Je me rapproche mais je ne trouve pas la liste nominative snif...

J'ai demandé à Nicole mais elle ne fait que l'Etat Civil.

Je te tiens au courant dès que...

Bises
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: mercredi 9 avril 2008 22:27


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Messages: 697
Bonsoir Margaux

Voici une photo du bateau du convoi N° 7, le Labrador, navire vapeur qui à assuré la traversée vers l'algérie, et sur lequel tes ancètres ont voyagés.


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Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: mercredi 9 avril 2008 23:09



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Messages: 928
Bonsoir Camille,

ho merci Smile= alors je suis toute émue dis....

Merci mille fois,

Bises,

Margaux
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: mercredi 9 avril 2008 23:23


Inscrit le: 15/03/2007
Messages: 697
Re bonsoir

Si tu ne peux la récuperer je te l'enverrais par mail !
Je l'ai encore sur un fichier.
J'avais noté le départ de marseille : 04 12 1848
arrivée à Bône : 08 12 1848
mais cela n'apparaît point!
'' A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ''

Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: mercredi 9 avril 2008 23:27



Inscrit le: 22/08/2004
Messages: 928
Re bonsoir itou,

oui je l'ai récupérée je vais pouvoir la faire figurer dans mon classeur nommé Algérie...

Grâce à toi et d'autres amis généalogistes j'avance et c'est super.

Un grand merci,

Passe une belle nuit

Bises,

Margaux
Camille.1955
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: jeudi 10 avril 2008 21:23


Inscrit le: 15/03/2007
Messages: 697
Bonsoir Margaux

Voilà hier j'ai posé la question à Guy COUVERT, au sujet des listes de convois.
Je te donne sa réponse :

on ne donne pas les réponses sur le site du GAMT

http://www.genealogie-gamt.org

Bien sur il faut s'inscrire et payer un abonnement à l'année !!!

Par contre on peut interroger nom après nom, il faut essayer et s'armer de patience...

Une autre piste ... qui c'est ?
Bonne soirée
Kami
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Proverbe Chinois

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=ALGERIE
Margaux1
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: jeudi 10 avril 2008 21:46



Inscrit le: 22/08/2004
Messages: 928
Bonsoir Camille,

Merci vraiment pour tout ce que tu fais pour moi c'est super sympa de ta part.

Je vais collecter toutes les infos et faire une synthèse,

Je t'embrasse.

Dominique.M3066
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: dimanche 18 novembre 2012 13:52


Inscrit le: 18/11/2012
Messages: 2
Bonjour je possède la liste de tous les passagers de tous les convois vous pouvez me joindre domijack.mottard@gmail.com
Dominique
Janine Marie Eudoxie
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: dimanche 18 novembre 2012 14:03



Inscrit le: 27/10/2005
Messages: 33 705
Dominique

Ouvrez un fil spécial et vous aurez de la demande sans doute.

Vous rejoindrez ainsi la liste des bénévoles qui aide généreusement.

Bravo.

APOLINE23
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 24 novembre 2012 17:43



Inscrit le: 07/03/2008
Messages: 8 246
bonjour

JE CHERCHE une PAIN Léonie née a ST NAZAIRE 44 le 02/10/1882 et partie pour CASABLANCA ou elle est dcd en 1957
aimerai savoir comment et quand elle a pu partir
le lieur de décès est sur l'acte de naissance.

MERCI D AVANCE DE TOUT RENSEIGMENTS ME PERMETTANT D AVANCER
Leslie.M59
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: lundi 26 novembre 2012 15:19


Inscrit le: 30/10/2010
Messages: 117
Bonjour Domiique,
Pouvez vous m'aider mêm si je n'ai pas de numero de convoi?

Y a t il des RONIN dans votre liste?

Bien cordialement,et merci
Lucienne.A7
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: jeudi 24 janvier 2013 17:02



Inscrit le: 11/02/2006
Messages: 485
bonjour,
je cherche Noël Pastourel, + Jean Baptiste Pastourel (1874) concession Oran, Garric Barthelémy (1851) concession Aumale
tous ont obtenu des concession en Algérie, Noël est parti avec 12 personnes....
ils sont du 85, du 34
avez-vous quelque chose, ils sont tous décédés en algérie
merci déjà
lucienne
Lucienne.A7
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: jeudi 14 mars 2013 15:06



Inscrit le: 11/02/2006
Messages: 485
MAGNIFIQUE!!!
je cherche depuis si longtemps pour bouira qui n'a pas été numérisé au CAOM, hélas!!
merci
lucienne
FAW01
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 30 janvier 2016 16:27



Inscrit le: 17/10/2005
Messages: 7
ce que je sais de ce 7ème convoi dans lequel était mon arrière grand père, en 1848. Ebéniste révolutionnaire il a été déporté avec sa femme et son fils de 6 ans. Il est enterré à Ain Seynour, en 1885.
Septième convoi de colons pour l’Algérie
Rapport du 2 au 3 novembre 1848
 
Depuis Paris jusqu’à Corbeil, où nous sommes arrivés à 0 heures et ¼, l’affluence de curieux, de parents et d’amis n’a pas cessé. Des cris d’adieu et de vive la république ont été constamment échangés entre les populations et les colons.
                A Corbeil, j’ai renvoyé par la voie du chemin de fer les 5 gardiens que nous avait donnés Mr le Président PRÉLAT. Ils ont parfaitement rempli leur mission, très facile du reste, car nous n’avons eu à réprimander aucun colon.
                Quelques parents et amis des partants s’étaient glissés sur les bateaux ; ils ont participé à la première distribution d’aliments. Je les ai fait descendre à Corbeil. Nous avons fait un premier appel nominal ; quelques absences ont été constatées, mais la plupart étaient autorisés à rejoindre en route ; je suppose que les autres rejoindront dans la nuit (il n’y en a que 3 ou 4 dans ce cas).
                L’état sanitaire est satisfaisant, à l’exception d’un enfant de 7 mois déjà malade depuis longtemps et signalé à la commission par Mr le Docteur MIGNOT.
                Aucun accident n’est arrivé. Je ne considère pas comme tel la chute sur le rivage du parent d’un colon et d’un des gardiens de Paris, qui en ont été quittes pour une légère immersion.
                A Corbeil, nous avons éprouvé un retard d’une heure, par suite de l’incurie des charretiers, qui ont répondu fort insolemment à mes observations.
 
Le Capitaine Commandant
 
 
Rapport du 3 au 4 novembre 1848
 
La nuit du 2 au 3 s’est bien passée ; aucun accident n’a troublé la tranquillité. État sanitaire parfait.
                Arrivée à Melun à 8 heures ½ du matin. Appel : les manquants étaient rentrés, moins ceux qui doivent rejoindre plus loin. Remis à la gendarmerie deux individus qui s’étaient glissés à bord sans titre.
Repas du matin ; vivres abondants et de bonne qualité. Satisfaction générale sur ce point.
Corvée générale de propreté ; j’ai fait acheter du chlorure de chaux pour désinfecter les dortoirs et les lieux d’aisance.
                Arrivée au pont de Valvins à 4heures du soir. J’ai détaché un colon pour aller acheter du lait pour les jeunes enfants. Obligé d’entrer dans la campagne, ce colon n’a pu nous rejoindre qu’à St Mamès, au moyen d’un bateau que j’ai requis à cet effet. Il a bien rempli sa mission.
                Passé devant Champagne à 6 heures du soir ; petit feu d’artifice et cris de « Vivent les colons », partis de chez Mr GODARD, maire du lieu. Les colons ayant appris le nom de ce citoyen ont répondu à cette bienveillante démonstration par les cris de « Vive Mr Godard ».
                Entrée dans le canal du Loing à 10 heures du soir, retard de deux heures à St Mamès pour l’organisation des haleurs. Mauvaise volonté manifeste de leur part, quand on leur a annoncé qu’ils ne pourraient conduire que jusqu’à Montargis au lieu de Briare, où ils voulaient aller. Je suis obligé d’employer les  menaces pour les faire mettre en route.
                Reçu une dépêche de Mr le Président TRÉLAT, en vertu de laquelle j’ai débarqué (avec l’autorisation de ses père et mère) le sieur Gérard François, N° 1977 ; il est emmené par sa future belle mère.
                Pluie battante et vent violent depuis notre arrivée à St Mamès à 1 heure du matin. Les haleurs refusent de marcher à cause du mauvais temps ; je réunis les brigadiers et leur signifie au nom du gouvernement l’ordre de marcher jour et nuit ; sans quoi je vais faire haler le convoi par les colons, qui ne demandent pas mieux. Enfin, moitié par persuasion, moitié par menaces, ils se décident à continuer sur la route, après une hésitation qui nous a causé un retard d’une heure et demie.
                Le concours énergique de MM de La BROYE, officier d’administration, et MIGNOT, officier de santé, m’a été dans cette circonstance, comme dans tous les détails du service, de la plus grande utilité. La mission la plus difficile devient aisée à accomplir quand on a pour aides des officiers aussi instruits, actifs et zélés que le sont ces messieurs.
                Pendant la halte forcée que nous avons faite à St Mamès, beaucoup de colons se sont répandus dans les auberges. L’insuffisance numérique de la gendarmerie n’a pas permis de les en faire tous sortir ; plusieurs sont rentrés ivres. Il n’y a pourtant pas eu de désordres graves, mais un peu de mutinerie que nous avons pourtant pu comprimer.
 
Le Capitaine Commandant
 
PS : En passant devant les casernes de Melun, quelques bonnets rouges de notre convoi ont crié « Vive la république démocratique et sociale, vivent Barbès et Raspail ! Nous les aurons ! » Les dragons se sont bornés à rire, sans répondre. Nos socialistes ont éprouvé le même désappointement devant le pénitencier, et généralement pendant toute la route. J’ai remarqué que ces cris n’étaient poussés que par une bien petite minorité de notre convoi, et qu’ils étaient généralement désapprouvés par la masse des colons.

cordialement à tous
f.welcomme-agré
frawelagre
FAW01
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 30 janvier 2016 16:32



Inscrit le: 17/10/2005
Messages: 7
re-
oublié de préciser le nom de mes ancêtres :
Jules-Alphonse AGRÉ, ébéniste, sa feùùe Pauline-Françoise DESRÉES, et leur fils Jules-Paul.
Tous trois sont morts (pauvres) en Algérie...

bien cordialement
f.welcomme-agré
frawelagre
FAW01
Convoi n°7 pour l'Algérie
Envoyé le: samedi 30 janvier 2016 16:42



Inscrit le: 17/10/2005
Messages: 7
première suite du rapport de voyage du 7ème convoi 1848
pour l'Algérie.....
nb j'espère trouver la suite et pouvoir vous l'envoyer...

Rapport du 4 au 5 novembre 1848
 
Le temps a constamment été mauvais dans la nuit du 4 au 5. Le vent est contraire, les haleurs marchent difficilement, nous allons lentement.
                Arrivés à Nemours le 4 à 2h ½ du soir. Beaucoup de colons sont ivres ; quelques gourmades (coup de poing) sont échangées entre eux à la suite de gros mots. Aidé de MM de La Broye et Mignot et des colons raisonnables, je parviens, quoiqu’avec peine, à rétablir l’ordre.
Les repas ont eu lieu à 9h du matin et à 4h du soir ; les denrées sont toujours abondantes et de bonne qualité, les cuisines bien tenues.
Les corvées générales et particulières de propreté ont régulièrement lieu. Les chefs de bateaux et les chefs de groupes s’acquittent parfaitement de leurs fonctions.
 Je n’ai qu’à me louer du service de Mr Blon, représentant à bord de la compagnie chargée des transports. Son activité, sa sollicitude, ne laissent rien à désirer ; c’est du reste, à ce qu’il me semble, un agent d’une probité éprouvée.
                L’état sanitaire, qui avait été satisfaisant jusqu’ici, commence à se ressentir de l’influence de la température, qui empêche d’aérer suffisamment les bateaux, tenus presque constamment fermés, à cause de la pluie qui ne cesse de tomber depuis St Mammès.
Deux cas de variole discrète se sont déclarés parmi les enfants au dessous de deux ans, quelques uns sont aussi atteints de dysenterie. Les enfants reconnus malades avant leur embarquement présentent peu d’amélioration.
Un cas d’épilepsie a été reconnu par Mr l’officier de santé, dans la nuit du 3 au 4, chez un colon de 30 à 35 ans, déjà reconnu comme faible d’esprit dans sa famille ; il a été mis à l’infirmerie du bord, où les soins les plus empressés lui ont été administrés.
                Chaque jour, depuis St Mammès, l’agent de la Compagnie a mis à la disposition du docteur de 25 à 30 litres de lait pour les enfants. Comme il est quelquefois impossible de s’en procurer, on supplée au moyen d’œufs et de lait de poule.
J’ai aussi autorisé Mr L’officier d’administration à faire l’achat d’un peu de miel rosat et de 4 petites fioles pour préparer des potions aux enfants malades.
Le Capitaine Commandant
*****************
  
 
Rapport du 5 au 6 novembre 1848
                La nuit du 5 au 6 a été très mauvaise, froide et neigeuse, les haleurs fatiguent beaucoup, la marche est pourtant poussée avec toute la vigueur possible. Ces haleurs sont bien difficiles à conduire ; je suis obligé de veiller toute la nuit pour les aiguillonner sans cesse.
Même soins de propreté que les jours précédents, alimentation aussi bonne et aussi abondante.
Même zèle, même activité de la part de MM DE LA BROYE, MIGNOT et BLON, agent de la Compagnie, même ardeur de la part de MM les chefs de groupe et de bateau. Encore des colons ivres, encore quelques rixes, mais légères et bien vite terminées, grâce à l’intervention de la portion raisonnable et de MM les officiers du bord.
                A 9 heures du matin, le premier bateau monté par l’état-major, passe l’cluse de Buge à environ 5 kilomètres de Montargis ; à 10 heures, nous entrons dans cette ville. Monsieur le Sous Préfet accueille le convoi avec la pus grande bienveillance, toute la population témoigne la même sympathie aux colons. L’administration de l’hospice civil envoie en don quelques menus effets à l’usage des enfants en bas âge et quelques médicaments tels que tilleul, guimauve, etc…
Le ravitaillement en vivres a lieu ; assisté de MM de La Broye et Mignot, je constate la bonne qualité de la viande, du pain et du vin ; tout le reste est aussi de qualité supérieure.
                J’allais clore ce rapport et ordonner le départ quant à l’arrivée du 6e et dernier bateau, on est venu me rendre compte d’un bien triste accident, qui fera l’objet d’un rapport particulier. J’ai retardé pour un moment le départ du convoi, qui ne s’est remis en marche qu’à midi, pour Briare.
Le Capitaine Commandant
*****************
 
Montargis le 6 novembre 1848
Monsieur le Président,
J’achevais de rédiger le rapport ci-joint, heureux de n’avoir à vous signaler aucun accident fâcheux, lorsqu’on est venu me rendre compte de l’évènement malheureux que je vais vous rapporter.
                Arrivé à 9 heures à l’écluse de Berge, avant Montargis, j’ai, comme aux autres écluses, laissé un chef de groupe afin de recommander aux colons de prendre des précautions pour embarquer et débarquer, et surtout leur interdire le passage du marchepied des pertuis. Malgré ces recommandations, le Sr DOUY Jean-Louis, âgé de 38 ans, inscrit sous le n° 2114 (6e arrondissement) a voulu passer par cette voie d’une rive sur l’autre. Accroché dans son trajet par une manivelle, ce malheureux a perdu l’équilibre, est tombé sous les chutes, dont la violence l’a entraîné sous le bateau, dont il n’a pu être retiré qu’après 5 ou 6 minutes d’immersion, et dans un état d’asphyxie presque complet. Les soins les plus intelligents et les plus empressés lui ont été immédiatement prodigués Par Mr SANNIER, médecin de l’Administration du canal du Loing, qui se trouvait sur les lieux au moment du sinistre. Mr GOURY, maître éclusier du lieu, dont on ne pourrait trop louer la trop généreuse humanité, s’est empressé de mettre à la disposition du médecin sa maison et tous les médicaments nécessaires. Mr le Maréchal des Logis de Gendarmerie de Montargis a aussi prêté le concours le plus actif. Mais tous ces soins n’ont pu rappeler à la vie l’infortuné DOUY qui, au moment de sa chute, achevait à peine de déjeuner.
Un procès-verbal circonstancié a été immédiatement  envoyé à Mr le Sous Préfet à Montargis.
Aussitôt que j’ai eu connaissance de cet évènement (2 heures après, mon bateau étant le premier et celui qui portait DOUY le dernier du convoi), je me suis rendu à Buge d’où j’ai ramené à Montargis la veuve DOUY, son fils âgé de 14 ans, le corps du défunt et deux colons qui étaient restés de garde auprès de cette malheureuse famille. Les bonnes sœurs de l’Hospice ont accueilli charitablement la veuve et l’orphelin. Mr le Sous Préfet s’est empressé d’ordonner un service funèbre, qui a eu lieu le lendemain 6 novembre à 9 heures du matin, et auquel ont assisté avec lui MM les conseillers de sous-préfecture, les administrateurs et les sœurs de l’Hospice, une députation de la Garde Nationale, des habitants, un piquet de dragons, la gendarmerie, la veuve et le fils du décédé, et les deux colons que j’avais conservés à cet effet à Montargis, comme délégués du détachement pour cette cérémonie.
Cela a produit un bon effet, tant dans la population que parmi les colons, lorsqu’ils ont appris avec quelle sollicitude fraternelle et touchante les autorités et les habitants de Montargis avaient rendu les honneurs funèbres à leur malheureux camarade, quel soin on avait pris de la femme et du fils de DOUX, ils m’ont prié d’adresser en leur nom à la ville de Montargis les remerciements les plus sincères, en promettant que la première prière qu’ils élèveraient vers Dieu, dans l’église de Saint-Louis d’Algérie, serait à l’intention de leurs bons concitoyens, de leurs bienfaiteurs de Montargis.
                La veuve DOUY m’a instamment prié de la laisser retourner à Paris ; j’ai cru devoir déférer à sa demande. Mr le Sous Préfet, à qui j’en ai référé, l’a approuvé et s’est chargé de lui faire faire le trajet avec son fils en voiture et aux frais de la commune. J’ai fait remettre à la veuve tous ses menus bagages ; quant aux gros, il m’a été impossible de les retirer du chaland, dont ils occupent le fond. Je ne pourrai faire cette opération  qu’à Châlons ; elle les recevra donc par le retour de nos bateaux. J’ai adressé à Mr le Sous Préfet de Montargis les pièces de l’état-civil du défunt ; il était convenu qu’il les remettrait à la veuve.
 Soyez persuadé, Monsieur le Président, que cet accident que je déplore, ne peut être attribué qu’à l’imprudence de celui qui en a été la victime, et que j’ai, depuis, redoublé de précautions et de sévérité pour qu’il ne se renouvelle pas.
Agréez, je vous prie, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments bien respectueux
Le Capitaine
 
PS : J’ai commencé ce rapport le 5 novembre, mais il m’a été impossible de le terminer le même jour, en raison des courses qu’il m’a fallu faire pour régler et ordonner la cérémonie de l’inhumation. C’est donc de Briare que j’ai l’honneur de l’adresser à Monsieur le Président de la Commission. 6 novembre 1848 (soir)


cordialement à tous

f.welcomme-agré
frawelagre
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